dimanche 23 octobre 2011

"Ne vous taisez plus !" de Denise Bombardier et Françoise Laborde


Ci-dessous deux extraits du livre "Ne vous taisez plus !"


La galanterie française dans tous ses états
Que recouvre au juste ce terme de « galanterie française » ?
D’abord, des règles de « savoir-vivre » : ouvrir la portière à une femme ou lui faire livrer des fleurs avant un dîner. Savoir faire le baise-main et connaître les usages de la présentation : une femme à un homme, sauf s’il est très âgé et/ou très connu. Pouvoir formuler un compliment adapté à chaque situation. Est une sorte de rémanence de l’« étiquette » instaurée par le Roi Soleil pour régler tous les moments de la vie officielle à Versailles ? Car l’étiquette s’appliquait aussi aux relations avec les favorites et toutes les maitresses plus ou moins officielles.
Dès le XVIIIe siècle, la France devient le pays de référence en matière de transgression : libertinage et liberté de penser sont étroitement associés. Diderot, Crébillon fils, Choderlos de Laclos et le marquis de Sade, entre autres, publient, parfois anonymement, des romans libertins qui sapent l’autorité de l’Eglise et du roi… Des œuvres telles que Manon Lescaut, Les liaisons dangereuses ou bien encore La philosophie dans le boudoir mettent en scène érotisme, séduction et cynisme et sont l’exemple même d’une scandaleuse liberté. Cette remise en question de la religion comme celle de l’autorité du roi va favoriser la Révolution de 1789.
Cet héritage littéraire, aussi riche soit-il, associé à la tradition archaïque du « droit de cuissage » n’est, dans l’inconscient collectif, certainement pas étranger aux pratiques abusives qui ont encore cours dans la France du XXIe siècle… et qui sont considérées comme autant d’éléments de notre « culture ».

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La séduction à la québécoise
Au Québec, nous n’avons pas hérité de cette conception française de la galanterie. L’homme québécois, confronté à la dure réalité de ce pays de défricheurs, de bâtisseurs, de coureurs des bois avait peu de goût pour les jabots et les dentelles. Les jeux de séduction n’ont pas subit ce poids du libertinage, disons « littéraire » ou intellectuel. Les relations humaines se déroulent en général sur un mode plus direct, plus spontané, à vrai dire moins théâtral. L’influence de la culture anglo-saxonne y est aussi pour quelque chose.
Le matriarcat psychologique qui caractérise cette société où traditionnellement les femmes étaient  plus instruites que les hommes a certainement modelé la façon de « faire la cour ». Les femmes y sont plus actives. Elles ne craignent pas de prendre l’initiative par des mots ou des gestes affectueux. Elles peuvent être plus frontales alors que les femmes françaises pourraient être qualifiées de circulaires. Ces dernières, en effet, encerclent l’homme, évitent de l’affronter verbalement, elles minaudent et se laissent séduire. En ce sens, elles sont plus soumises et prêtes à beaucoup plus de compromis pour ne pas briser le lien de séduction. Mais leur comportement est aussi la conséquence du machisme ambiant de la société dans son entier, qui s’est révélé de façon brutale et sans réserve depuis les évènements du 14 mai à New York.
La vieille tradition de galanterie et des jeux de séduction à pesé aussi sur les mentalités. Si la France d’aujourd’hui a tant de difficultés à vivre concrètement la nouvelle égalité des sexes, qui implique une intolérance à tout abus sexuel et aux divers formes douteuses de séduction masculine dont les femmes font les frais, c’est que sa culture amoureuse, dans certaines expressions, est en contradiction avec la modernité.

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samedi 22 octobre 2011

Gandin - Sa démarche


Les mains dans les poches, Gandin marche, le regard vague. Ses yeux se trainent sur les pavés de la ville. C’est sa manière à lui de se couper des autres.

D’ailleurs à quoi bon regarder les gens qu’il croise ?

Ignorer tout, faire le vide et avancer avec cette solitude nonchalante mais néanmoins élégante. Ni trop vite, ni trop lente, à la cadence de ses songes.   

 


jeudi 20 octobre 2011

Machisme


Depuis ma tendre enfance, je n’ai jamais vraiment aimé les oppositions homme/femme…

Je me revois à l’école primaire où les garçons par exemple se disaient plus fort que les filles. Je me revois rester à l’écart de ce genre de discourt. Pourquoi ? Peut être mon coté rêveur qui me tenait à distance des groupes et qui revendiquait malgré moi le droit à la différence. Par voie de conséquence, je n’ai jamais aimé les sports collectifs et garde un mauvais souvenir d’avoir souvent été choisi en dernier lors de la constitution des équipes dans la cours de récréation.

Plus grand j’ai toujours gardé cette attitude, en m’opposant à l’occasion contre les blagues sexistes ou les remarques machistes.

Aujourd’hui, j’ai discuté avec une collègue qui revient de son congé maternité et qui devrait bientôt revenir courir le midi avec nous (moi et d’autres collègues hommes). Un collègue homme justement n’a pu s’empêcher de faire une petite blague en lui disant que pour un mec courir ça ne veut pas dire marcher. Je sais bien que c’était dit sur le ton de la blague mais je n’aime pas ça et je le fais savoir parce que c’est bête, parce que certains ont tendance à abuser de ce genre de petites phrases assassines !
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J’suis pas parfais non plus et je ne me risquerais pas à dire que je ne suis absolument pas machiste. Je le suis sans doute dans certaines occasions de frustration où entres mecs lancer des obscénités envers la gente féminine défoule. J’insiste bien sur le fait que cela reste entres mecs et que c’est plus de l’ordre du jeu.


dimanche 16 octobre 2011

Lettre à K - Mariage, amour et sexe


 Dimanche 15 mai 2011
Salut K,

Houlala ! Le mariage du Prince William et de Kate Middleton… Si tu savais comment le mariage en général n’est vraiment pas « ma tasse de thé », je crois que tu aurais alors une petite idée de ce que je pense de ce mariage princier. Non ! Je n’ai vraiment pas suivi ce genre de chose et pour être franc je m’en fous. Pardonne-moi d’être aussi direct mais j’ai déjà un peu de mal à croire au lien du mariage. J’y vois beaucoup de naïveté et en regardant des jeunes mariés je ne peux m’empêcher d’imaginer leur désillusion quelques années après. Et puis ce mariage princier ne regarde que la Grande-Bretagne. En France je pense que ca ne nous intéresse pas vraiment.

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Je ne suis pas forcément d’accord avec toi au sujet de ta vision de la femme. Vous n’avez pas forcément besoin d’être parfaite pour que l’on vous aime. Tu sais on peut apprécier aussi certains défauts. Et puis les hommes aussi ont leurs défauts. Il n’y a pas de raison que vous soyez parfaites si on ne l’est pas nous même. Après, il est vrai que certains hommes recherchent la perfection et inversement certaines femmes ne jurent que sur l’homme parfais. Mais en général ceux sont des personnes malheureuses qui courent après un idéal qui n’existe pas. Ils vont parfois avoir l’impression de trouver la « perle rare » mais après quelques années ils seront obligés de voir la vérité en face : nul n’est parfait.

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P’tit poussin est toujours amoureux d’A. et elle aussi. Ils ne se sont pas encore embrassés. Pourtant ils en ont envie tout les deux mais ils sont encore timides quand ils sont ensembles. Ils s’écrivent toujours des petits mots pour se dire qu’ils s’aiment. Hier par exemple A. à fait remettre à P’tit poussin par l’intermédiaire de son grand frère, une enveloppe avec à l’intérieur un dessin et pleins de petits mots doux du style, « je taime », « tu es trop mignon »,… Cette semaine, P’tit poussin a quand même réussi à lui prendre la main. :) C’est trop chou ! :)

Bon je te laisse. Passe une bonne semaine.

Bisous,
Rêveur

Samedi 22 mai 2011

Salut K,
 
Oui je suis d’accord avec toi, cette histoire avec DSK est complètement incroyable. D’ailleurs, les français se passionnent pour ce fait divers. Les chaines d’informations comme BFM  ou I>télé ont connu des records d’audience ces derniers jours, beaucoup plus que pour les catastrophes du Japon par exemple.
 
Je ne sais pas si DSK est coupable mais curieusement je crois que l’opinion générale française lui est favorable. Nous savons qu’il a une réputation d’homme à avoir des relations avec d’autres femmes. Il fréquenterait aussi, soit disant, des clubs échangistes. Certains disent même qu’il serait malade et qu’il aurait besoin d’une cure de désintoxication sexuelle. Malgré tout ça, vrai ou faux, c’est une personne intelligente. Ca personnalité n’a absolument rien à voir avec le sulfureux président italien : Berlusconi. Non DSK c’est une toute autre catégorie : un homme cultivé et séduisant.  Sa femme, Anne Sinclair, est aussi une femme très intelligente. Pendant de longues années elle animait une émission politique tous les dimanches en fin d’après midi sur la plus grande chaine privée française (TF1). A l’époque, c'est-à-dire quand j’étais encore adolescent, elle avait un charme incroyable : très intelligente et délicieusement belle. Mais quand je dis belle, je ne veux pas dire qu’elle était provocante ou « bimbo ». Non c’était tout autre chose : un charme, des yeux magnifiques et un sérieux à toutes épreuves.
 
DSK allait se présenter comme futur président de la France pour les prochaines élections en 2012. Cette histoire de viol nous parait étrange car on pense aussi à un complot contre lui.
 
Après je ne sais pas où se trouve la vérité. S’il y a eu viol, il est clair qu’une sanction pénale est nécessaire mais je ne comprends pas comment cette femme a pu s’échapper, pourquoi elle n’a pas trace de violence sur elle…
 
Les américains se déchainent sur cette affaire et s’en prennent aussi à la société française qu’ils trouvent trop laxiste pour les sujets à caractère sexuel. Nous français, nous trouvons les américains trop prudes, trop chastes. Les américains sont trop souvent scandalisés par le sexe mais semblent l’être beaucoup moins pour la violence et les armes à feux. Pour nous c’est l’inverse. La violence nous pose problème mais pour la sexualité nous sommes permissifs. Chacun fait ce qu’il veut du moment que la liberté de chacun est respectée. Par contre il est clair que si viol il y a eu, une sanction est nécessaire. 70 ans de prison pour cette histoire me semble cependant excessivement exagéré.
 
Prend soin de toi,
Rêveur


samedi 15 octobre 2011

Le commerce équitable du sexe


J’ai regardé sur le net « le petit journal » de Canal+ diffusé le 7 octobre dernier.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Françoise Laborde et Denise Bombardier étaient invitées pour parler de leur livre « Ne vous taisez plus ! »


Ce livre est une réaction contre le machisme archaïque français qui s’est beaucoup exprimé suite à l’affaire DSK en mai 2011.
Durant l’émission voici ce que Françoise Laborde a dit :

« Toutes les femmes en France, elles ont toutes vécues à un moment donné, un épisode de harcèlement quel qu’il soit. Je mes au défi les femmes de dire « ça ne m’est jamais arrivé, ni un baiser forcé, ni une main baladeuse, … Ca arrive tout le temps. Il n’y a pas une femme en France qui n’ait pas vécu ça. »

« Entre la galanterie à la française et le puritanisme à l’américaine, il y a une voie, ça s’appelle le commerce équitable du sexe. »

Je ne pense pas être machiste mais comme beaucoup d’hommes français, je me suis senti dès le début de l’affaire DSK, beaucoup plus proche de Dominique Strauss-Kahn que de Nafissatou Diallo. Alors est ce que finalement moi aussi je suis un misogyne en puissance ? Est-ce que sans le savoir j’agresse, j'harcèle des femmes dans mon quotidien ? Malgré ma timidité, ma sensibilité, j’ai un coté autoritaire et dans certain cas dominateur.  Je ne pense pas avoir déjà agressé une femme sexuellement. Je dis « je ne sais pas » car les agressions ne sont pas toujours physiques et sont parfois sournoises, masquées. Le harcèlement peut aussi être moral.
J’ai demandé à Ülee si je l’avais déjà harcelée. Elle m’a répondu que non. Mais suis-je pour autant blanc comme neige ? Et pourquoi très souvent dans ses rêves à elle, je suis quelqu’un qui l’agace, qui la contrarie ?

mardi 4 octobre 2011

dimanche 2 octobre 2011

Hypnotisé par un p'tit vieux


30°C sur la côte d’émeraude pour ce premier weekend d’octobre et j’emmène Ülee et petit poussin à passer la journée au bord de la mer. Avant de partir j’ai refais le vernis de mes ongles de pieds en me disant que j’aimerais bien changer la teinte et pourquoi pas essayer une couleur gris souris.

Après un peu plus d’1 heure de voiture et un pique-nique rapide, on étend nos serviettes sur le sable.
La peau moite je ne tarde à m’immerger. L’eau est fraiche. La supporter est une question d’habitude. Quelques brasses et un peu d’apnée et je retourne m’allonger sous le soleil. Un peu de lecture en travaillant ma concentration pour comprendre ce que je lis tout en ignorant le récit des vacances marocaines d’une femme ayant la voix qui porte. Puis je m'assoupi.

Je refais surface dans les environs de 15H30. Je retourne me baigner. La mer s’est beaucoup retirée, elle est calme j’ai pieds assez loin. N’étant pas un grand nageur cela me rassure. Je nage la brasse. L’eau est plate, peu de courant et pas de vague. Un vrai plaisir de nager dans cet espace de tranquillité. J’arrive à gérer mon effort, mon souffle comme dans une course à pied et fini par atteindre les rochers largement découvert par la marée.

Je sors de l’eau. Mon shorty de bain imprégné d’eau moule parfaitement mon intimité. Par pudeur je détends le tissu.

M’aidant des pieds et des mains je grimpe sur la pierre. Je dois décontracter mes muscles sollicités par l’effort de la nage et saisie par la fraicheur de l’eau, leur faire retrouver de la souplesse pour dompter avec douceur les aspérités du roc et éviter les coquillages qui y sont fixés. Dans une flaque, effrayées des crevettes grises cherchent refuge derrière quelques brins d’algue et dans un recoin à découvert, j’entends buller un mollusque agonisant peut être sous la chaleur.

 Je redescends par l’autre versant du rocher et mes pieds au contact du sable me disent merci.

Un homme d’un certain âge m’adresse alors la parole. Avec humour, il me montre ses sandales en plastique bleu. En maillot de bain lui aussi, il s’approche de moi et avec l’aisance des gens de sa génération, il commence à me raconter sa vie. Il a du bagou et son visage souriant rassure. Moins grand que moi mais plus trapu, un peu bedonnant, les cheveux blancs, il me dit qu’il a 67 ans. Je suis toujours étonné de voir des personnes me raconter leur vie alors que je ne les connais pas. Il me parle de l’endroit où il a acheté ses sandales, des vacances qu’il faisait quand il était plus jeune, des difficultés qu’il avait à tracter sa caravane surtout en montagne, d’un accident qu’il a eu une année en Espagne, de son ancien métier, peintre en bâtiment, de son salaire qui est devenu trop élevé après 13 ans de boite et son patron qui a fini par le remercier, de la manière dont il s’est mis à son compte, des hernies qu’il a fini par avoir vers 53 ans parce qu’il travaillait seul, de sa retraite à 60 ans, des syndicats, de la politique, des avantages sociaux qui régressent, les niveaux de retraite aussi… Bref beaucoup de choses racontées et moi quasiment rien à part des acquiescements, des « ben oui », des « hmmm », des « c’est sûr »… Il ne posait pas vraiment de question, il racontait, il racontait, il racontait,… Et j’écoutais, j’écoutais, j’écoutais… sans savoir quoi dire. Par moment j’ai bien essayé dans placer une mais visiblement son but était de parler alors je l’ai laissé continuer et voir jusqu’où cela pouvait aller.

Au début je me disais, il s’intéresse peut être à moi. Et puis avec sa manière de s’approcher, de me toucher le bras ou l’épaule, par petite tape comme certain font quand ils vous parlent, juste pour réveiller votre attention, je me disais que cela pourrait peut être déraper vers plus d’attouchements, voir même des cochonneries derrière les rochers. Tandis qu’il me parlait, je m’imaginais le soulager à l’abri des regards.
Je le laissais venir. Je le laissais continuer son numéro. Un vrai acteur. A un moment il a même tourné autour de moi pour me mimer une scène dans une administration, un dialogue avec une secrétaire pour toucher ses droits de licenciement…
Et les minutes passaient. L’ennuie me gagnait. Je commençais à retomber dans mes pensées le regard perdu sur le sable mais très vite réveillé par ses petites tapes sur mon bras.

Comment l’interrompre, l’abandonner et retourner me baigner ?

Je l’ai encore laissé parler. Peut être mes cours de catéchisme y sont pour quelque chose dans ma façon de rester poli et souriant à l’écouter. Au fond il a surement un grand besoin de parler.

Et puis il s’interrompe pour me dire qu’il a envie de pisser. Intérieurement j’ai pensé que c’était le bon moment pour m’éclipser mais bien au contraire il s’est approché du rocher tout en me parlant, il me tournait le dos certes mais sa tête se tordait pour continuer son discours. Un peu gêné de le regarder faire sa petite affaire et d’entrapercevoir son jet urine.

Et il revient comme si de rien n’était, débitant toujours sur le même rythme. Ne se gênant même pas de me tapoter après avoir touché son zozio.

Sa femme s’est approchée. Pour lui donner son bob blanc qu’il s’est empressé de mettre en faisant à peine attention à elle. Elle avait reculé et restait en retrait comme si elle me surveillait. Je me sentais gêné d’écouter un discours sans pouvoir en placer une et le tout sous un regard épiant.

Sa femme était limite inquiétante. Elle se protégeait du soleil sous une sorte de robe/manteau. Elle avait le même bob blanc et sandale en plastique bleu, son visage malgré les rides était lisse et luisant voir suintant et son ventre était rond comme un « ballon » tout comme le personnage de Zézette dans le père Noël est une ordure.

J’ai encore eu une pensé obscène en les imaginant comme un couple de vieux pervers mais j’ai vite balayé l’idée tellement sa femme était peu attrayante.

Je devenais impatient. J’attendais le moment, une faille, un silence dans le propos de ce monsieur, Georges de son prénom, pour couper court et partir. C’est vrai je ne suis pas toujours très doué à l’oral mais il était surtout très fort. Sans aucun blanc il se racontait avec son sourire enjôleur.

J’ai fini par y arriver alors qu’il parlait de politique et que sa femme s’était enfin approchée pour apporter son point de vue. Il était grand temps de partir pour ne pas me faire vampiriser. S’en aller et ne pas se retourner.

Sur le retour j’ai croisé mon fils qui commençait à s’inquiéter. Il était 17H15. Georges m’a hypnotisé pratiquement 1h30…


jeudi 22 septembre 2011

Dialcooler


Siroter un verre avec toi,
Casser le rythme de la semaine à tes cotés,
Nos discussions qui s’écoulent,
Et le jour qui glisse.




dimanche 11 septembre 2011

Piscine

Vendredi entre midi et deux, je suis allé à la piscine avec P un collègue. C'est une piscine refaite à neuf pas très loin de notre travail, aux abords du parc boisé où on court habituellement. Le cadre est sympa et ce midi là il y avait du monde. On a fait nos longueurs dans des couloirs plutôt étroits où tout le monde était ici pour nager et non pour barboter.

Ensuite on est parti se détendre quelques minutes dans une cabine hammam.
Dans la promiscuité de la cabine, P a remarqué le vernis sur mes ongles de pieds. Un vernis vieux d'un peu plus d'un mois maintenant et qu'il serait nécessaire de renouveler mais tout de même encore bien visible. Il a regardé sans faire de commentaires désagréables.

Cet été, sur la plage, personne semblait le remarquer mais dans le confinement d'un piscine plusieurs y ont fait attention. Dans le hammam et sous les douches...




jeudi 8 septembre 2011

L'homme crapaud

Ülee se passionne pour la photo (en passant, aucune photo de mon blog n'a été prise par elle jusqu'à présent) et elle achète régulièrement des magazines spécialisés, y compris des magazines de photos-nature.

Dans une de ses vieilles revues, il y avait un article traitant de la reproduction des crapauds. Je ne peux m'empêcher d'en relever quelques extraits:

... Vers la fin de l'hiver, les crapauds abandonnent temporairement leur mode de vie terrestre, solitaire et nocturne, pour un bain collectif et des amours au grand jour...

... De nombreux mâles célibataires parcourent continuellement le secteur à la nage, en quête d'une femelle. Mais toutes sont déjà sous l'emprise d'un mâle, souvent même de plusieurs...

... A la différence des femelles qui quittent l'étang lorsqu'elles ont fini de pondre, les mâles restent sur place pendant toute la période de reproduction. Ils peuvent ainsi s'accoupler plusieurs fois, mais sont constamment en surnombre. Et il est donc fréquent que plusieurs se disputent la même femelle. C'est même un véritable amas de crapauds que je découvre en avançant dans l'eau: un enchevêtrement d'une dizaine de mâles au milieu duquel on aperçoit de temps à autre l’œil de la femelle assaillie...

(image du net)

... Souvent maintenue sous l'eau, privée de respiration, une femelle ainsi prise d'assaut risque la noyade...
(Source: Nat'Images - Mars-Avril 2010)

Les mecs c'est un peu comme les crapauds finalement.
 
Je revois mes premières sorties en boite de nuit quand j'étais beaucoup plus jeune et où la séance des slows faisait se lever toute une catégorie de mecs pour tourner autour de la piste de danse à la recherche d'une nana acceptant de se coller à eux. Je les trouvais la plupart du temps grotesque. Je préférais me morfondre dans mon célibat plutôt que de me ridiculiser.

Mais aujourd'hui je ne suis pas forcément mieux à rechercher des conquêtes sur la toile. 
 
Je suis peut être sévère avec moi-même en disant ça mais à force d'être confronté à ce déséquilibre du nombre de gars en quête de plaisirs sexuels comparé au nombre de femmes, je me sens malgré moi, comme une sorte d'homme crapaud.
 

dimanche 4 septembre 2011

Ours mal léché


J’ai déjà expliqué mon problème à regarder les jolies femmes. Quand une jolie femme passe dans mon champ de vision, intérieurement je calme toutes excitations et je feins de ne l’avoir vue.
Récemment, là où je travaille, une nouvelle hôtesse d’accueil vient d’être embauchée. C’est une black sexy avec un sourire chaleureux et un regard qui plonge et s’ancre dans tes yeux quand tu lui dis bonjour. Un regard qui réveille, qui enflamme mais que j’éteins très vite en me disant qu’elle se comporte comme ça avec tout le monde. Ce qui est d’ailleurs le cas.
Je me dis : ne va pas t’imaginer que tu lui fais de l’effet, elle se comporte ainsi de façon naturelle. Et puis j’ai plein d’autres sentiments négatifs qui me colonisent. Je pense par exemple à quelqu’un qui me verrait entrain de la regarder et qui se mettrait à penser que je m’enflamme pour un rien. Je repense aussi à ces hommes que je vois dans la rue qui regarde de façon accrocheuse et limite ridicule la déesse qui passe auprès d’eux.
Ainsi donc j’atomise toutes envies, toutes émotions. Un point c’est tout ! Et le pire c’est que ça marche. Je me surprends parfois à être insensible, comme anesthésié de tous désirs…
Un jeune collègue qui se croit beau gosse a déjà échangé quelques mots avec cette « nymphe de la bienvenue ». Et elle lui a déjà confié qu’elle dansait sur des rythmes brésiliens dans un piano bar du centre ville. Cela m’étonne mais bon sang comment a-t-il fait. ? Aussi incroyable que cela puisse paraitre je ne sais absolument pas comment on peut arriver à se parler quand on ne se connait pas et qu’on ne partage aucune activité commune. Je me limite à dire bonjour et au bout d’un certain temps quand je vois que s’en est ridicule de se dire de telle banalité alors qu’on ne se connait même pas, je finis par faire mine de passer sans voir personne.
Pour faire écho à mon billet précédent je suis effectivement un ours « mal léché », pas très sociable quoi ! Enfin surtout quand on ne me connait pas. Passé ce cap, je suis quand même différent.

samedi 3 septembre 2011

Coiffeur

Je ne suis peut être pas très sociable mais les ambiances salon de coiffure je n'aime pas vraiment. Je n'aime pas ces salons où la radio diffuse du NRJ/Fun Radio à longueur de journée, où les hommes se font coiffer par des femmes plutôt jeunes qui cherchent à être polies en engageant la discussion par des questions du genre " Alors les vacances sont finies ? ".

Ces ambiances jeunes décontractées, que l'on retrouvent aussi dans certains magasins de fringues, ne me plaisent pas parce que je n'y suis pas à mon aise. Parce que certainement je ne suis pas dans le même état d'esprit.

Oui je sais, j'ai l'air d'un vieux con, grognon en disant ça. Je le suis sans doute un peu.

Je n'aime pas ça aussi parce que je ne sais pas quoi leur dire à ces jeunes femmes et comme je ne dis rien, le silence qui s'installe m'angoisse. Je ne suis pas doué pour parler avec des gens que je ne connais pas.

Ainsi depuis quelques années j'ai changé de coiffeur et j'ai souhaité que ce soit un homme qui me coupe les cheveux. Habitant dans un petit village, j'ai trouvé un petit salon de coiffure pour monsieur tenu uniquement par un coiffeur à son compte. La cinquantaine, ce n'est pas un débutant.

Déjà le grand avantage c'est le prix: seulement 8,50 euros pour la coupe. Ensuite, la radio en fond sonore est callée sur FIP. L'ambiance y est calme et non agitée. De bons magazines à disposition ainsi que le journal Ouest-France du jour. Et enfin chose importante, cet homme est un peu comme moi. Il ne cherche pas forcément à parler et ça ne pose aucun problème, n'y à lui, n'y à moi.

Et bien sûr pas de carte de fidélité stupide ! J'ai l'impression que c'est très féminin ce genre de chose et ça me fait chier (désolé ! Un peu énervé en ce moment) de sortir ces petits cartons dans le but de gagner des petits avantages… D'autant plus que si un commerçant souhaitait réellement faire plaisir, ce n'est pas très compliqué avec l'informatique de se rendre compte de la fidélité de certaines personnes et ces petits attentions qui peuvent certes faire plaisir, ce n'est pas le client qui devrait les demander mais directement le commerçant qui devrait les offrir en regardant discrètement son écran pour savoir si c'est un fidèle de sa boutique ou pas.