| Accepter ce qui est, c’est dire oui à la vie, a tout ce qui nous entoure, comme des expériences, pour découvrir la raison de notre présence au monde. Il faut dire oui à tout comme aimait le dire Christiane Singer. Accepter c’est regarder les choses tels qu’elles sont sans les masquer ou les fuir. C’est en prendre conscience, de façon juste. Mais concrètement cela veut dire quoi ? Pour les belles choses de la vie, tout le monde les accepte, ce n’est pas là que se trouve le problème. Non, l’acceptation rentre en conflit avec nous même quand nous sommes confrontés à des difficultés, à des choses désagréables comme de parler à quelqu’un qu’on déteste ou des situations plus intolérantes comme la maladie, une difficulté financière ou une rupture amoureuse… Alors oui là c’est difficile et on se rebelle contre ça. Pourquoi devrais-je accepter quelque chose qui me fait souffrir ? C’est du masochisme ! Accepter c’est rester présent à ce qui nous est difficile, c’est en prendre conscience plutôt que de l’ignorer. Parce que bien souvent la souffrance vient de notre ignorance, d’un manque de « présence » et que nous sommes responsables de nos souffrances. Responsable de nos souffrances ?!? Un exemple… Deux personnes vivant la même difficulté ne réagiront pas nécessairement de la même façon. Il se peut que l’une souffre plus que l’autre. N’est ce pas la preuve de notre responsabilité dans la perception de notre souffrance ? Nous avons une part de responsabilité dans ce qui nous arrive. Il ne faut pas penser que nos problèmes viennent uniquement des autres. Penser cela nous enferme dans la haine. « Quelle est ma responsabilité dans la perte d’un emploi ? J’ai toujours fait mon travail du mieux que j’ai pu, ce n’est pas ma faute mais de mon patron si je suis licencié. » J’ai peut être fait mon travail du mieux que j’ai pu mais je n’ai peut être pas su changer, évoluer quand cela devenait nécessaire. J’ai donc ma part de responsabilité et je dois l’accepter. « Ma femme ou mon mari me quitte alors que je l’aime. En quoi est ce que je suis responsable ? » Je suis responsable de ma souffrance parce que je vivais dans un aveuglement, celui de croire que mon bonheur serait sans fin. Nous sommes sur terre et nous savons que tout à une fin. Ce n’est pas du pessimisme de penser ça mais une réalité et là encore je dois l’accepter. L’acceptation que ma relation amoureuse puisse un jour se terminer, doit justement nous inciter à l’apprécier davantage comme quelque chose de précieux et sacré. Et concernant la maladie… Ne dit-on pas d’une maladie que c’est un maux qui n’a pas pu s’exprimer avec des mots ? Qu’ai-je donc tu en moi au point que le mal prenne forme ? L’acceptation n’est donc pas du masochisme. C'est au contraire le premier pas que l'on fait vers soi même pour comprendre de façon juste ce qui arrive. Ci-dessous un extrait du livre « Adhyatma Yoga » d’Arnaud DESJARDINS où il parle de l’acceptation : Je vais parler de « l’acceptation de ce qui est » - thème commun au taoïsme, au bouddhisme, au christianisme. … Cette idée d’acceptation, on l’a retrouve dans tous les enseignements et elle est généralement mal comprise. Elle correspond à ce que l’on appelait autrefois soumission à la volonté de Dieu. Mais ce langage théologique, nous ne l’acceptons plus volontiers aujourd’hui et il se trouve que Swâmiji avait un langage aussi peu religieux que possible. Comme celui d’un maitre zen ou d’un maitre de vedanta, son langage était presque athée. Mais l’enseignement est le même. Le mot islam lui-même est un mot arabe qui signifie soumission et c’est le mot que Mohammed avait choisi pour désigner la religion qu’il révélait. En Inde vous entendriez bien souvent, en anglais, « complete surrender to God’s will », reddition complète à la volonté de Dieu. Mais qu’est-ce que cette volonté de Dieu ? Chacun va l’interpréter à sa façon. La volonté de Dieu, c’est ce qui se produit à chaque instant, c’est tout. Tout le reste est mental et mensonge. Voila la première vérité qu’il faut entendre, recevoir en pleine figure comme un « challenge », un défi à accepter ou à ne pas accepter. La « volonté de Dieu », c’est ce qui se passe à chaque instant. … Maintenant je vais répondre à un argument que le mental soulève tout de suite : « Mais alors, si j’accepte, le monde s’arrête. Si j’accepte que les malades soient malades, je ne soigne plus ; si j’accepte d’être chômeur je ne gagne plus un centime et je laisse mes enfants mourir de faim. » C’est un non-sens qui est une des armes les plus grossières mais les plus solides du mental. Notamment, en tant que mental collectif de la société occidentale moderne, c’est le mensonge avec lequel les occidentaux ont interprété toutes les civilisations des pays du tiers monde et les civilisations traditionnelles : « ils ne foutent rien, ce sont tous des paresseux, ils vivent dans la crasse, la maladie, assis par terre à contempler un brin d’herbe ou à regarder passer les nuages dans le ciel, c’est la résignation, le fatalisme. » Dieu sait si les Européens se sont dressés contre le monde musulman à propos du fameux : « C’était écrit et je me soumets à la volonté de Dieu. » J’ai vu de mes yeux, lors d’un dîner amical, à Kaboul, en Afghanistan, une infirmière du Service de Coopération technique qui a éclaté et qui a crié : « Je ne peux plus, je ne peux plus, je ne peux plus le supporter. » Elle ne pouvait plus supporter d’être dans un hôpital où, chaque fois que quelqu’un mourait, la famille disait seulement : « C’est la volonté de Dieu. » « Quand les mères voient mourir leur enfant », répétait en tremblant cette Française, « Tout ce qu’elles font c’est de dire : Dieu l’a donné, Dieu l’a repris ». Une certaine acceptation musulmane de la volonté de Dieu, qui en fait épargnait aux mères les émotions et les rendaient beaucoup plus disponibles pour s’occuper des enfants restés vivants, était insupportable à cette infirmière. … Quelle nuance faisons-nous entre accepter et tolérer ? Soyons bien précis : accepter c’est reconnaitre que ce qui est, est. Tolérer implique l’action et concerne non pas l’instant immédiat, mais le futur. Par exemple – et je vais prendre un exemple vraiment simple pour que le mental ne réussis pas à créer encore une confusion : J’entre dans ma salle de bains, je m’aperçois que ma salle de bains est inondée parce que les robinets sont ouverts et la baignoire a débordé. Je sens déjà que le plafond de la dame du dessous doit être pourri et ensuite il me vient à l’esprit que je n’ai pas contracté d’assurance pour le dégât des eaux. Tout ça, ce sont des faits qui doivent être totalement, à 100%, acceptés. Pas ce qui devrait être, mais ce qui est. Par contre – et je continue avec mon exemple si simple – cela ne peut pas être toléré et, immédiatement, je ferme les robinets. L’acceptation ne consiste pas à laisser les robinets ouverts jusqu’à ce que toute l’eau qui dessert la ville de Paris ou de Lyon ait coulé dans ma propre salle de bains. Avec un exemple aussi simple vous êtes d’accord. Mais dès qu’on se trouve inséré dans l’existence, le mental crée de nouveau une confusion et l’on recommence à dire : « Je ne peux pas accepter, je ne peux pas accepter. » |
vendredi 29 mars 2013
Accepter ce qui est (2)
dimanche 24 mars 2013
Accepter ce qui est
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Je suis sorti de l’hôpital le matin du premier jour du printemps. L’opération c’est plutôt bien passée sans trop de complications. Elle a durée 3 heures. Cependant, les jours qui ont suivi ne furent pas des plus agréables. J’ai été hospitalisé 8 jours. Au début, j’étais connecté de partout : Un cathéter au niveau du bras gauche, un autre en haut du torse gauche, une péridurale et une sonde urinaire, sans oublier l’oxygène dans le nez, des capteurs sur le torse pour l’électrocardiogramme et un capteur au bout de l’index de la main gauche pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang. La sonde urinaire c’est pour le « confort ». Ca évite de se lever pour aller aux toilettes car il vaut mieux éviter de bouger quand on est branché de la sorte. Et l'oxygène c'est pour améliorer la cicatrisation des plaies internes. Les premières heures post opératoires sont de toute façon un peu « comateuses » et c’est dans un demi-sommeil que j’ai rejoint une chambre du service des soins intensifs. J’y entendais plusieurs petits bruits comme l’oxygène arrivant dans mon nez, Le bruit régulier de la pompe à perfusion et celui, discret, de l’électrocardiogramme. Aucunement gêné par tous ces sons, je somnolais assez souvent. Ah si ! Il y avait aussi une prise automatique toutes les 30 mn de ma tension artérielle. Sans trop de surprise, je laissais le tonomètre se gonfler autour de mon bras droit à intervalle régulier. Des infirmières venaient régulièrement me demander si ça allait, estimer le niveau de ma douleur, changer une perfusion « nourriture » ou « antidouleur », prendre ma température ou vider la poche de la sonde urinaire. Parce que j’étais le mieux portant du service soin intensif et parce qu’il était complet, on me descendit dans le service digestif après seulement 24H. Nouvelle chambre, nouveau même tableau accroché au mur représentant le gros plan d'une fleur, superposée par une autre, quasiment identique, mais réduite. Sur la droite du tableau, une bande de couleur translucide jaune brun doré, recouvrait de haut en bas, cette représentation florale. Cette couleur jaune brun doré me rappelait celle de la Bétadine qui recouvrait ma peau à plusieurs endroits et notamment autour du pansement posé sur mon ventre. Sacré pansement quand je l’ai vu la première fois. J’ai alors songé que l’ouverture que l’on me fit, semblait plus importante à ce qui avait été prévu. « Accepter ! » Voila ce que je me disais pour surmonter les épreuves. Dans le service plus classique où je me trouvais à présent, les journées fut rythmées par une multitude de rendez-vous. Durant ces quelques jours, plein de personnes venaient me voir. Pas des personnes que je connaissais mais le chirurgien, des infirmiers(ères), des aide-soignant(e)s, un stagiaire, des femmes faisant le ménage ou m’apportant les repas. Ainsi donc toute une équipe de jour qui changeait aussi pour la nuit et qui changeait encore tous les deux jours. Toute ces personnes venaient à moi avec un sourire ou cherchait à engager une conversation en plus du but initial du soin ou du service. Malgré la tête affreuse que j’avais, j’affichais un sourire et je disais merci. Les métiers de l’hôpital sont des métiers nobles ! Assez vite on me retira l'électrocardiogramme et le capteur de l'indexe puis l'oxygène et le cathéter du bras gauche. Néanmoins j'ai gardé durant 6 jours, le cathéter en haut du torse et la sonde. Ah la sonde ! Elle m'avait pourtant été retirée une première fois mais n'arrivant pas à vider ma vessie de façon naturelle, il fut nécessaire de m'en remettre une nouvelle. Pas vraiment un plaisir de se faire introduire un tube dans l'urètre et ce, jusqu'à la vessie. Accepter, toujours accepter! Mes timides déplacements hors du lit se faisaient donc en poussant la perfusion de la main gauche et en tenant la poche d'urine de ma main droite. Je n'avais pas une fière allure. Une deuxième tentative de retrait 3 jours plus tard, fut néanmoins la bonne. A présent je suis de retour chez moi. J'ai un arrêt maladie jusqu'à mi-avril. J'ai de la chance parce que je ne souffre pas trop. Je ne prends aucun anti-douleur et je vais plutôt bien. A la maison c'est toujours moi qui cuisine. Cela m'occupe. Bon ok je marche lentement et courbé... Je dois à présent me refaire une santé car mine de rien j'ai perdu 3kg, surtout du muscle je pense. J'ai l'impression de ressembler à Mister Burns dans les Simpson. Il me faut aussi du repos pour consolider la cicatrisation interne et externe. 17cm, c'est la taille de la cicatrice sur mon ventre. |
| Au jour d'aujourd'hui, ce que je retiens de tout ça, c'est mon acceptation de ce qui est et d'avoir toujours eu envie de dire merci aux personnes qui m'ont donné des soins et de l'attention. |
vendredi 1 mars 2013
Petite dédicace
| A ce monsieur qui m'appelle "petite salope". Monsieur, Veuillez trouver ci-joint quelques photos prises sur le vif avant de me coucher. Veuillez accepter l'idée, je vous prie, de vous soulager sur ma petite personne. Bien respectueusement, Petite salope |
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