dimanche 24 mars 2013

Accepter ce qui est

Je suis sorti de l’hôpital le matin du premier jour du printemps.

L’opération c’est plutôt bien passée sans trop de complications. Elle a durée 3 heures.
Cependant, les jours qui ont suivi ne furent pas des plus agréables. J’ai été hospitalisé 8 jours.

Au début, j’étais connecté de partout : Un cathéter au niveau du bras gauche, un autre en haut du torse gauche, une péridurale et  une sonde urinaire, sans oublier l’oxygène dans le nez, des capteurs sur le torse pour l’électrocardiogramme et un capteur au bout de l’index de la main gauche pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang.

La sonde urinaire c’est pour le « confort ». Ca évite de se lever pour aller aux toilettes car il vaut mieux éviter de bouger quand on est branché de la sorte. 
Et l'oxygène c'est pour améliorer la cicatrisation des plaies internes.

Les premières heures post opératoires sont de toute façon un peu « comateuses » et c’est dans un demi-sommeil que j’ai rejoint une chambre du service des soins intensifs. J’y entendais plusieurs petits bruits comme l’oxygène arrivant dans mon nez, Le bruit régulier de la pompe à perfusion et celui, discret, de l’électrocardiogramme. Aucunement gêné par tous ces sons, je somnolais assez souvent. Ah si ! Il y avait aussi une prise automatique toutes les 30 mn de ma tension artérielle. Sans trop de surprise, je laissais le tonomètre se gonfler autour de mon bras droit à intervalle régulier.

Des infirmières venaient régulièrement me demander si ça allait, estimer le niveau de ma douleur, changer une perfusion « nourriture » ou « antidouleur », prendre ma température ou vider la poche de la sonde urinaire.
Parce que j’étais le mieux portant du service soin intensif et parce qu’il était complet, on me descendit dans le service digestif après seulement 24H.

Nouvelle chambre, nouveau même tableau accroché au mur représentant le gros plan d'une fleur, superposée par une autre, quasiment identique, mais réduite. Sur la droite du tableau, une bande de couleur translucide jaune brun doré, recouvrait de haut en bas, cette représentation florale. Cette couleur jaune brun doré me rappelait celle de la Bétadine qui recouvrait ma peau à plusieurs endroits et notamment autour du pansement posé sur mon ventre. Sacré pansement quand je l’ai vu la première fois. J’ai alors songé que l’ouverture que l’on me fit, semblait plus importante à ce qui avait été prévu. « Accepter ! » Voila ce que je me disais pour surmonter les épreuves.

Dans le service plus classique où je me trouvais à présent, les journées fut rythmées par une multitude de rendez-vous. Durant ces quelques jours, plein de personnes venaient me voir. Pas des personnes que je connaissais mais le chirurgien, des infirmiers(ères), des aide-soignant(e)s, un stagiaire, des femmes faisant le ménage ou m’apportant les repas. Ainsi donc toute une équipe de jour qui changeait aussi pour la nuit et qui changeait encore tous les deux jours. Toute ces personnes venaient à moi avec un sourire ou cherchait à engager une conversation en plus du but initial du soin ou du service. Malgré la tête affreuse que j’avais, j’affichais un sourire et je disais merci. Les métiers de l’hôpital sont des métiers nobles !

Assez vite on me retira l'électrocardiogramme et le capteur de l'indexe puis l'oxygène et le cathéter du bras gauche. Néanmoins j'ai gardé durant 6 jours, le cathéter en haut du torse et la sonde. Ah la sonde ! Elle m'avait pourtant été retirée une première fois mais n'arrivant pas à vider ma vessie de façon naturelle, il fut nécessaire de m'en remettre une nouvelle. Pas vraiment un plaisir de se faire introduire un tube dans l'urètre et ce, jusqu'à la vessie. Accepter, toujours accepter!
Mes timides déplacements hors du lit se faisaient donc en poussant la perfusion de la main gauche et en tenant la poche d'urine de ma main droite. Je n'avais pas une fière allure. Une deuxième tentative de retrait 3 jours plus tard, fut néanmoins la bonne.

A présent je suis de retour chez moi. J'ai un arrêt maladie jusqu'à mi-avril. J'ai de la chance parce que je ne souffre pas trop. Je ne prends aucun anti-douleur et je vais plutôt bien. A la maison c'est toujours moi qui cuisine. Cela m'occupe. Bon ok je marche lentement et courbé...
Je dois à présent me refaire une santé car mine de rien j'ai perdu 3kg, surtout du muscle je pense. J'ai l'impression de ressembler à Mister Burns dans les Simpson. Il me faut aussi du repos pour consolider la cicatrisation interne et externe. 17cm, c'est la taille de la cicatrice sur mon ventre.



Au jour d'aujourd'hui, ce que je retiens de tout ça, c'est mon acceptation de ce qui est et d'avoir toujours eu envie de dire merci aux personnes qui m'ont donné des soins et de l'attention.

4 commentaires:

  1. Bonjour Rêveur !

    Merci de nous donner de tes nouvelles et merci également d'avoir pris la peine de répondre à mon dernier com posté juste le lendemain de ta sortie!

    En dépit de ces jours désagréables, le plus difficile est derrière toi et cette épreuve va te rendre encore plus fort psychologiquement.
    Je vois avec plaisir que tu ne te laisse pas aller et même que tu cuisines : voilà qui est positif à bien des égards.
    Je te souhaite une bonne convalescence et un prompt rétablissement entouré de ta petite famille.
    Je repasserai régulièrement prendre de tes nouvelles et poursuivre le dialogue que nous avons entamé depuis pas mal de temps déjà.
    Avec toute ma tendre affection
    Plein de baisers- guérisseurs

    Elise

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    1. Je ne sais si cette expérience me rendra plus fort. Par contre il est vrai que jusqu'à présent, j'accepte assez bien ce qui m'arrive. Cela fait maintenant 2 semaines tout rond que j'ai été opéré et ça va plutôt bien. Je n'ai pas de grosses douleurs, uniquement des petites gênes dans certaines positions. Et oui le plus dur est passé.
      Psychologiquement, ça va à peu près. Je suis entrain de me dire que je dois peut être déjà m'habituer à ce que ce genre de tumeurs reviennent. J'essaye de comprendre si mon mode de vie pourrait être en cause mais sans trouver d'explication à part une prédisposition naturelle. Et dans ce cas je dois faire en sorte d'avoir un mode de vie le plus sain possible.
      Bisous

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  2. Coucou Rêveur !
    J'espère que tu vas de mieux en mieux ...
    Je reviens sur le titre de ton billet " Accepter ce qui est" car il m'interpelle.
    Si je conviens volontiers avec toi que le début de la sagesse est certainement dans l'acceptation, pour ma part, l'acceptation va de pair avec l'intégration du pourquoi ... Comprendre ou plutôt tenter de comprendre ( car je crains que notre nature humaine ne nous permette pas de remonter jusqu'à la vérité première mais qui sait s'en approcher ?)c'est donner un sens à ce qui advient et donc à notre propre vie.
    Dans la colonne de droite je constate que nous avons quelques thèmes de lecture et quelques auteurs en commun.
    Peut être (si par cas tu ne les a pas lus ?) des auteurs comme Michel Audoul et Thierry Janssen peuvent ils t'aider en ce sens ? A toi de voir si certains de leurs livres t'interpellent ...

    Je t'embrasse bien fort et te souhaite un joli week-end cocooning

    Prends soin de toi

    Elise

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    1. Bonjour Elise,

      Je comprend ce que tu veux dire et je suis d'accord avec toi. L'acceptation ne doit pas devenir une soumission. J'en ai profité pour rajouter un nouveau billet sur le sens de l'acceptation. Ce sont des notes que j'avais commencé à écrire avant d'être hospitalisé.

      Tes propositions de lecture, m'intéressent et je vais à mon avis passer commande d'ici peu.

      Merci Elise d'être toujours aussi maternelle (dans le bon sens du terme) sur les différents blogs que tu visites.

      Je t'embrasse

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