lundi 31 octobre 2011

Lettre à K - Plus envie de continuer


Monday, June 6th 2011
Hi K,

All is OK for me. No problem.
I know I have not written you for several weeks...
Sorry for that and I will try to write you soon.

Have a good day or night,
Rêveur

Dimanche 3 juillet 2011
Salut K,
 
C’est dimanche soir. Il est 22H43 et on rentre seulement de la plage. On a été à Carnac à 1H15 de la maison en Bretagne sud.
 
Le weekend dernier on était aussi au bord de la mer par très loin de Carnac, à coté de Vannes. Ülee participait à une épreuve sportive de marche nordique. La première épreuve de marche nordique avec classement de France. Un parcours de 28km le long de la mer et en soirée. Le départ était à 19H00 le samedi et Ülee est arrivée 5H30 après à 00H30. Tu t’en doutes bien il faisait nuit à cette heure là. C’est pourquoi la lampe frontale était obligatoire.
P’tit poussin et moi on l’attendait en s’occupant au camping (on a planté la tente pour le weekend dans un beau camping 4 étoiles), puis à la terrasse d’un restaurant et enfin à la terrasse d’un bar.
Il faisait vraiment chaud le weekend dernier c’était vraiment agréable.
 
Le lendemain, dimanche, on a flemmardé en famille au bord de la piscine du camping. De toute façon il faisait trop chaud : 34°C.
 
Et donc aujourd’hui il faisait très beau et on est retourné à la mer donc à Carnac… On a pique-niqué le midi puis on a passé l’après midi sur la plage et le soir on a mangé dans une pizzeria et après on mangé une glace sur la plage.
 
Le weekend prochain c’est le début de mes vacances. J’ai 3 semaines de vacances et comme tous les ans on part en camping pendant 2 semaines. On ira dans les Alpes mais on ne sait pas encore précisément où. Donc le weekend prochain il va falloir qu’on prépare nos valises et tout le matériel pour 2 semaines de camping.
 
Mercredi dernier j’ai fait quelque chose qui va surement te choquer. Durant ma pause déjeuné, j’ai retrouvé un homme de 48 ans. On s’était donné rendez-vous à coté d’une forêt pour échanger de la tendresse.  Ci-dessous je t’envoie le texte que j’ai écrit suite à cette rencontre :


J’imagine que tu ne peux pas comprendre ce genre de rencontre. Ülee était bien entendu au courant et elle m’a autorisé à faire ce que je voulais. Pour cet homme à en croire ce qu’il raconte c’était une très bonne expérience. C’était pour lui ça « vrai première fois ». Voici ces mots à lui :

   
Je ne l’ai pas revu depuis et je ne sais pas si j’ai envie de le revoir. Peut être qu’on en restera là. Si j’ai pu aider à ce qu’il se sente mieux avec son corps, à ce qu’il prenne confiance en lui, ce sera déjà ça.
 
Bon je te laisse. Je ne sais pas si j’aurai le temps de t’écrire le weekend prochain. Sinon ce sera après mon retour du camping
 
Je t’embrasse et prend soin de toi,
Rêveur

Lundi 4 juillet 2011
Re-salut K,

Ce matin je me suis dit qu'hier j'aurai pu t'envoyer aussi les mots d’Ülee au sujet de mon "aventure" avec cet homme... Les voilà donc:



Ainsi donc tu as les mots, le ressenti, de tous les "acteurs" de cette histoire.
Bien sûr comme tu t'en doutes ces différents mots sont tirés de nos blogs respectifs.

Bisous,
Rêveur
Lundi 8 août 2011
Hello K,

Je suis désolé K. je n'arrive pas à t'écrire.
J'ai pourtant du temps pour le faire mais l'envie n'est pas là. Je suis incapable de te dire si cette envie reviendra.
Ne te sens pas responsable de quelque chose. Tu n'y es pour rien. C'est seulement moi qui a changé et qui n'arrive plus à trouver du plaisir à te raconter ma vie.

J'espère que ce que je te dis ne t'affecte pas trop.
Rêveur

Suite a ce dernier message, K ne m'a plus répondu et de mon coté je n'ai pas cherché à la recontacter. K avait pris contact avec moi il y a de ça 3 ans (août 2008) à travers un site internet sur lequel j'étais inscrit et qui mettait en relation des personnes cherchant à se faire des correspondants étrangers pour apprendre une langue. Je m'y étais inscrit 2 ans auparavant pour améliorer mon anglais. 
On avait pris l'habitude de se raconter nos vies, elle en anglais et moi en français. Malaisienne d'origine, elle m'écrivait d'Australie où elle travaillait en tant qu'infirmière. Mis à part à travers quelques photos on ne s'est jamais rencontré "physiquement". 
Bien que parfois je lui en parlais, je ne lui ai jamais communiqué l'adresse de ce blog. Elle ne me l'a jamais demandé non plus.

dimanche 23 octobre 2011

"Ne vous taisez plus !" de Denise Bombardier et Françoise Laborde


Ci-dessous deux extraits du livre "Ne vous taisez plus !"


La galanterie française dans tous ses états
Que recouvre au juste ce terme de « galanterie française » ?
D’abord, des règles de « savoir-vivre » : ouvrir la portière à une femme ou lui faire livrer des fleurs avant un dîner. Savoir faire le baise-main et connaître les usages de la présentation : une femme à un homme, sauf s’il est très âgé et/ou très connu. Pouvoir formuler un compliment adapté à chaque situation. Est une sorte de rémanence de l’« étiquette » instaurée par le Roi Soleil pour régler tous les moments de la vie officielle à Versailles ? Car l’étiquette s’appliquait aussi aux relations avec les favorites et toutes les maitresses plus ou moins officielles.
Dès le XVIIIe siècle, la France devient le pays de référence en matière de transgression : libertinage et liberté de penser sont étroitement associés. Diderot, Crébillon fils, Choderlos de Laclos et le marquis de Sade, entre autres, publient, parfois anonymement, des romans libertins qui sapent l’autorité de l’Eglise et du roi… Des œuvres telles que Manon Lescaut, Les liaisons dangereuses ou bien encore La philosophie dans le boudoir mettent en scène érotisme, séduction et cynisme et sont l’exemple même d’une scandaleuse liberté. Cette remise en question de la religion comme celle de l’autorité du roi va favoriser la Révolution de 1789.
Cet héritage littéraire, aussi riche soit-il, associé à la tradition archaïque du « droit de cuissage » n’est, dans l’inconscient collectif, certainement pas étranger aux pratiques abusives qui ont encore cours dans la France du XXIe siècle… et qui sont considérées comme autant d’éléments de notre « culture ».



La séduction à la québécoise
Au Québec, nous n’avons pas hérité de cette conception française de la galanterie. L’homme québécois, confronté à la dure réalité de ce pays de défricheurs, de bâtisseurs, de coureurs des bois avait peu de goût pour les jabots et les dentelles. Les jeux de séduction n’ont pas subit ce poids du libertinage, disons « littéraire » ou intellectuel. Les relations humaines se déroulent en général sur un mode plus direct, plus spontané, à vrai dire moins théâtral. L’influence de la culture anglo-saxonne y est aussi pour quelque chose.
Le matriarcat psychologique qui caractérise cette société où traditionnellement les femmes étaient  plus instruites que les hommes a certainement modelé la façon de « faire la cour ». Les femmes y sont plus actives. Elles ne craignent pas de prendre l’initiative par des mots ou des gestes affectueux. Elles peuvent être plus frontales alors que les femmes françaises pourraient être qualifiées de circulaires. Ces dernières, en effet, encerclent l’homme, évitent de l’affronter verbalement, elles minaudent et se laissent séduire. En ce sens, elles sont plus soumises et prêtes à beaucoup plus de compromis pour ne pas briser le lien de séduction. Mais leur comportement est aussi la conséquence du machisme ambiant de la société dans son entier, qui s’est révélé de façon brutale et sans réserve depuis les évènements du 14 mai à New York.
La vieille tradition de galanterie et des jeux de séduction à pesé aussi sur les mentalités. Si la France d’aujourd’hui a tant de difficultés à vivre concrètement la nouvelle égalité des sexes, qui implique une intolérance à tout abus sexuel et aux divers formes douteuses de séduction masculine dont les femmes font les frais, c’est que sa culture amoureuse, dans certaines expressions, est en contradiction avec la modernité.

… 


samedi 22 octobre 2011

Gandin - Sa démarche


Les mains dans les poches, Gandin marche, le regard vague. Ses yeux se trainent sur les pavés de la ville. C’est sa manière à lui de se couper des autres.

D’ailleurs à quoi bon regarder les gens qu’il croise ?

Ignorer tout, faire le vide et avancer avec cette solitude nonchalante mais néanmoins élégante. Ni trop vite, ni trop lente, à la cadence de ses songes.   

 


jeudi 20 octobre 2011

Machisme


Depuis ma tendre enfance, je n’ai jamais vraiment aimé les oppositions homme/femme…

Je me revois à l’école primaire où les garçons par exemple se disaient plus fort que les filles. Je me revois rester à l’écart de ce genre de discourt. Pourquoi ? Peut être mon coté rêveur qui me tenait à distance des groupes et qui revendiquait malgré moi le droit à la différence. Par voie de conséquence, je n’ai jamais aimé les sports collectifs et garde un mauvais souvenir d’avoir souvent été choisi en dernier lors de la constitution des équipes dans la cours de récréation.

Plus grand j’ai toujours gardé cette attitude, en m’opposant à l’occasion contre les blagues sexistes ou les remarques machistes.

Aujourd’hui, j’ai discuté avec une collègue qui revient de son congé maternité et qui devrait bientôt revenir courir le midi avec nous (moi et d’autres collègues hommes). Un collègue homme justement n’a pu s’empêcher de faire une petite blague en lui disant que pour un mec courir ça ne veut pas dire marcher. Je sais bien que c’était dit sur le ton de la blague mais je n’aime pas ça et je le fais savoir parce que c’est bête, parce que certains ont tendance à abuser de ce genre de petites phrases assassines !
.
J’suis pas parfais non plus et je ne me risquerais pas à dire que je ne suis absolument pas machiste. Je le suis sans doute dans certaines occasions de frustration où entres mecs lancer des obscénités envers la gente féminine défoule. J’insiste bien sur le fait que cela reste entres mecs et que c’est plus de l’ordre du jeu.


dimanche 16 octobre 2011

Lettre à K - Mariage, amour et sexe


 Dimanche 15 mai 2011
Salut K,

Houlala ! Le mariage du Prince William et de Kate Middleton… Si tu savais comment le mariage en général n’est vraiment pas « ma tasse de thé », je crois que tu aurais alors une petite idée de ce que je pense de ce mariage princier. Non ! Je n’ai vraiment pas suivi ce genre de chose et pour être franc je m’en fous. Pardonne-moi d’être aussi direct mais j’ai déjà un peu de mal à croire au lien du mariage. J’y vois beaucoup de naïveté et en regardant des jeunes mariés je ne peux m’empêcher d’imaginer leur désillusion quelques années après. Et puis ce mariage princier ne regarde que la Grande-Bretagne. En France je pense que ca ne nous intéresse pas vraiment.


Je ne suis pas forcément d’accord avec toi au sujet de ta vision de la femme. Vous n’avez pas forcément besoin d’être parfaite pour que l’on vous aime. Tu sais on peut apprécier aussi certains défauts. Et puis les hommes aussi ont leurs défauts. Il n’y a pas de raison que vous soyez parfaites si on ne l’est pas nous même. Après, il est vrai que certains hommes recherchent la perfection et inversement certaines femmes ne jurent que sur l’homme parfais. Mais en général ceux sont des personnes malheureuses qui courent après un idéal qui n’existe pas. Ils vont parfois avoir l’impression de trouver la « perle rare » mais après quelques années ils seront obligés de voir la vérité en face : nul n’est parfait.


P’tit poussin est toujours amoureux d’A. et elle aussi. Ils ne se sont pas encore embrassés. Pourtant ils en ont envie tout les deux mais ils sont encore timides quand ils sont ensembles. Ils s’écrivent toujours des petits mots pour se dire qu’ils s’aiment. Hier par exemple A. à fait remettre à P’tit poussin par l’intermédiaire de son grand frère, une enveloppe avec à l’intérieur un dessin et pleins de petits mots doux du style, « je taime », « tu es trop mignon »,… Cette semaine, P’tit poussin a quand même réussi à lui prendre la main. :) C’est trop chou ! :)

Bon je te laisse. Passe une bonne semaine.

Bisous,
Rêveur

Samedi 22 mai 2011

Salut K,
 
Oui je suis d’accord avec toi, cette histoire avec DSK est complètement incroyable. D’ailleurs, les français se passionnent pour ce fait divers. Les chaines d’informations comme BFM  ou I>télé ont connu des records d’audience ces derniers jours, beaucoup plus que pour les catastrophes du Japon par exemple.
 
Je ne sais pas si DSK est coupable mais curieusement je crois que l’opinion générale française lui est favorable. Nous savons qu’il a une réputation d’homme à avoir des relations avec d’autres femmes. Il fréquenterait aussi, soit disant, des clubs échangistes. Certains disent même qu’il serait malade et qu’il aurait besoin d’une cure de désintoxication sexuelle. Malgré tout ça, vrai ou faux, c’est une personne intelligente. Ca personnalité n’a absolument rien à voir avec le sulfureux président italien : Berlusconi. Non DSK c’est une toute autre catégorie : un homme cultivé et séduisant.  Sa femme, Anne Sinclair, est aussi une femme très intelligente. Pendant de longues années elle animait une émission politique tous les dimanches en fin d’après midi sur la plus grande chaine privée française (TF1). A l’époque, c'est-à-dire quand j’étais encore adolescent, elle avait un charme incroyable : très intelligente et délicieusement belle. Mais quand je dis belle, je ne veux pas dire qu’elle était provocante ou « bimbo ». Non c’était tout autre chose : un charme, des yeux magnifiques et un sérieux à toutes épreuves.
 
DSK allait se présenter comme futur président de la France pour les prochaines élections en 2012. Cette histoire de viol nous parait étrange car on pense aussi à un complot contre lui.
 
Après je ne sais pas où se trouve la vérité. S’il y a eu viol, il est clair qu’une sanction pénale est nécessaire mais je ne comprends pas comment cette femme a pu s’échapper, pourquoi elle n’a pas trace de violence sur elle…
 
Les américains se déchainent sur cette affaire et s’en prennent aussi à la société française qu’ils trouvent trop laxiste pour les sujets à caractère sexuel. Nous français, nous trouvons les américains trop prudes, trop chastes. Les américains sont trop souvent scandalisés par le sexe mais semblent l’être beaucoup moins pour la violence et les armes à feux. Pour nous c’est l’inverse. La violence nous pose problème mais pour la sexualité nous sommes permissifs. Chacun fait ce qu’il veut du moment que la liberté de chacun est respectée. Par contre il est clair que si viol il y a eu, une sanction est nécessaire. 70 ans de prison pour cette histoire me semble cependant excessivement exagéré.
 
Prend soin de toi,
Rêveur


samedi 15 octobre 2011

Le commerce équitable du sexe


J’ai regardé sur le net « le petit journal » de Canal+ diffusé le 7 octobre dernier.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Françoise Laborde et Denise Bombardier étaient invitées pour parler de leur livre « Ne vous taisez plus ! »


Ce livre est une réaction contre le machisme archaïque français qui s’est beaucoup exprimé suite à l’affaire DSK en mai 2011.
Durant l’émission voici ce que Françoise Laborde a dit :

« Toutes les femmes en France, elles ont toutes vécues à un moment donné, un épisode de harcèlement quel qu’il soit. Je mes au défi les femmes de dire « ça ne m’est jamais arrivé, ni un baiser forcé, ni une main baladeuse, … Ca arrive tout le temps. Il n’y a pas une femme en France qui n’ait pas vécu ça. »

« Entre la galanterie à la française et le puritanisme à l’américaine, il y a une voie, ça s’appelle le commerce équitable du sexe. »

Je ne pense pas être machiste mais comme beaucoup d’hommes français, je me suis senti dès le début de l’affaire DSK, beaucoup plus proche de Dominique Strauss-Kahn que de Nafissatou Diallo. Alors est ce que finalement moi aussi je suis un misogyne en puissance ? Est-ce que sans le savoir j’agresse, j'harcèle des femmes dans mon quotidien ? Malgré ma timidité, ma sensibilité, j’ai un coté autoritaire et dans certain cas dominateur.  Je ne pense pas avoir déjà agressé une femme sexuellement. Je dis « je ne sais pas » car les agressions ne sont pas toujours physiques et sont parfois sournoises, masquées. Le harcèlement peut aussi être moral.
J’ai demandé à Ülee si je l’avais déjà harcelée. Elle m’a répondu que non. Mais suis-je pour autant blanc comme neige ? Et pourquoi très souvent dans ses rêves à elle, je suis quelqu’un qui l’agace, qui la contrarie ?

mardi 4 octobre 2011

dimanche 2 octobre 2011

Hypnotisé par un p'tit vieux


30°C sur la côte d’émeraude pour ce premier weekend d’octobre et j’emmène Ülee et petit poussin à passer la journée au bord de la mer. Avant de partir j’ai refais le vernis de mes ongles de pieds en me disant que j’aimerais bien changer la teinte et pourquoi pas essayer une couleur gris souris.

Après un peu plus d’1 heure de voiture et un pique-nique rapide, on étend nos serviettes sur le sable.
La peau moite je ne tarde à m’immerger. L’eau est fraiche. La supporter est une question d’habitude. Quelques brasses et un peu d’apnée et je retourne m’allonger sous le soleil. Un peu de lecture en travaillant ma concentration pour comprendre ce que je lis tout en ignorant le récit des vacances marocaines d’une femme ayant la voix qui porte. Puis je m'assoupi.

Je refais surface dans les environs de 15H30. Je retourne me baigner. La mer s’est beaucoup retirée, elle est calme j’ai pieds assez loin. N’étant pas un grand nageur cela me rassure. Je nage la brasse. L’eau est plate, peu de courant et pas de vague. Un vrai plaisir de nager dans cet espace de tranquillité. J’arrive à gérer mon effort, mon souffle comme dans une course à pied et fini par atteindre les rochers largement découvert par la marée.

Je sors de l’eau. Mon shorty de bain imprégné d’eau moule parfaitement mon intimité. Par pudeur je détends le tissu.

M’aidant des pieds et des mains je grimpe sur la pierre. Je dois décontracter mes muscles sollicités par l’effort de la nage et saisie par la fraicheur de l’eau, leur faire retrouver de la souplesse pour dompter avec douceur les aspérités du roc et éviter les coquillages qui y sont fixés. Dans une flaque, effrayées des crevettes grises cherchent refuge derrière quelques brins d’algue et dans un recoin à découvert, j’entends buller un mollusque agonisant peut être sous la chaleur.

 Je redescends par l’autre versant du rocher et mes pieds au contact du sable me disent merci.

Un homme d’un certain âge m’adresse alors la parole. Avec humour, il me montre ses sandales en plastique bleu. En maillot de bain lui aussi, il s’approche de moi et avec l’aisance des gens de sa génération, il commence à me raconter sa vie. Il a du bagou et son visage souriant rassure. Moins grand que moi mais plus trapu, un peu bedonnant, les cheveux blancs, il me dit qu’il a 67 ans. Je suis toujours étonné de voir des personnes me raconter leur vie alors que je ne les connais pas. Il me parle de l’endroit où il a acheté ses sandales, des vacances qu’il faisait quand il était plus jeune, des difficultés qu’il avait à tracter sa caravane surtout en montagne, d’un accident qu’il a eu une année en Espagne, de son ancien métier, peintre en bâtiment, de son salaire qui est devenu trop élevé après 13 ans de boite et son patron qui a fini par le remercier, de la manière dont il s’est mis à son compte, des hernies qu’il a fini par avoir vers 53 ans parce qu’il travaillait seul, de sa retraite à 60 ans, des syndicats, de la politique, des avantages sociaux qui régressent, les niveaux de retraite aussi… Bref beaucoup de choses racontées et moi quasiment rien à part des acquiescements, des « ben oui », des « hmmm », des « c’est sûr »… Il ne posait pas vraiment de question, il racontait, il racontait, il racontait,… Et j’écoutais, j’écoutais, j’écoutais… sans savoir quoi dire. Par moment j’ai bien essayé dans placer une mais visiblement son but était de parler alors je l’ai laissé continuer et voir jusqu’où cela pouvait aller.

Au début je me disais, il s’intéresse peut être à moi. Et puis avec sa manière de s’approcher, de me toucher le bras ou l’épaule, par petite tape comme certain font quand ils vous parlent, juste pour réveiller votre attention, je me disais que cela pourrait peut être déraper vers plus d’attouchements, voir même des cochonneries derrière les rochers. Tandis qu’il me parlait, je m’imaginais le soulager à l’abri des regards.
Je le laissais venir. Je le laissais continuer son numéro. Un vrai acteur. A un moment il a même tourné autour de moi pour me mimer une scène dans une administration, un dialogue avec une secrétaire pour toucher ses droits de licenciement…
Et les minutes passaient. L’ennuie me gagnait. Je commençais à retomber dans mes pensées le regard perdu sur le sable mais très vite réveillé par ses petites tapes sur mon bras.

Comment l’interrompre, l’abandonner et retourner me baigner ?

Je l’ai encore laissé parler. Peut être mes cours de catéchisme y sont pour quelque chose dans ma façon de rester poli et souriant à l’écouter. Au fond il a surement un grand besoin de parler.

Et puis il s’interrompe pour me dire qu’il a envie de pisser. Intérieurement j’ai pensé que c’était le bon moment pour m’éclipser mais bien au contraire il s’est approché du rocher tout en me parlant, il me tournait le dos certes mais sa tête se tordait pour continuer son discours. Un peu gêné de le regarder faire sa petite affaire et d’entrapercevoir son jet urine.

Et il revient comme si de rien n’était, débitant toujours sur le même rythme. Ne se gênant même pas de me tapoter après avoir touché son zozio.

Sa femme s’est approchée. Pour lui donner son bob blanc qu’il s’est empressé de mettre en faisant à peine attention à elle. Elle avait reculé et restait en retrait comme si elle me surveillait. Je me sentais gêné d’écouter un discours sans pouvoir en placer une et le tout sous un regard épiant.

Sa femme était limite inquiétante. Elle se protégeait du soleil sous une sorte de robe/manteau. Elle avait le même bob blanc et sandale en plastique bleu, son visage malgré les rides était lisse et luisant voir suintant et son ventre était rond comme un « ballon » tout comme le personnage de Zézette dans le père Noël est une ordure.

J’ai encore eu une pensé obscène en les imaginant comme un couple de vieux pervers mais j’ai vite balayé l’idée tellement sa femme était peu attrayante.

Je devenais impatient. J’attendais le moment, une faille, un silence dans le propos de ce monsieur, Georges de son prénom, pour couper court et partir. C’est vrai je ne suis pas toujours très doué à l’oral mais il était surtout très fort. Sans aucun blanc il se racontait avec son sourire enjôleur.

J’ai fini par y arriver alors qu’il parlait de politique et que sa femme s’était enfin approchée pour apporter son point de vue. Il était grand temps de partir pour ne pas me faire vampiriser. S’en aller et ne pas se retourner.

Sur le retour j’ai croisé mon fils qui commençait à s’inquiéter. Il était 17H15. Georges m’a hypnotisé pratiquement 1h30…