| Ce weekend avec le mauvais temps je suis resté un peu plus longtemps devant mon PC. Samedi matin je suis tombé devant la description de ce film documentaire: « Supercharge Me » de Jenna Norwood (2009) Ce film produit en 2007 qui a été retravaillé en 2009 est une réponse au film "Super Size Me de Morgan Spurlock (rappelez-vous c’est celui qui allait manger à McDonald's pendant 1 mois pour en montrer les effets négatifs). Là, la réalisatrice a voulu au contraire parler de l’alimentation crue (raw food) et de ses bienfaits pour la santé. Peu de gens savent que manger cru permet une digestion beaucoup plus légère, une énergétisation et un nettoyage du corps et que cela favorise aussi la relaxation et la pleine conscience. On y retrouve David Wolfe, le guru de la raw food et quelques célébrités. Un film qui donne envie de s’y mettre ! Si ce n’est pas votre truc... abstenez-vous, vous vous ferez du mal pour rien... N’ayant rien à faire de spécial ce matin là, j’ai donc cherché ce film sur le net. Je l'ai assez vite trouvé et regardé. Je ne l’ai trouvé cependant qu’en version originale non sous-titré. Mon anglais n’étant pas génial je n’ai pas compris tous les informations transmises mais j’ai compris l’essentiel. Par la suite j’ai cherché à en savoir plus sur le régime cru et de fil en aiguille, je suis tombé sur le site de Thierry Casasnovas : http://vivrecru.org/ Impressionnant son blog par la quantité de vidéos qu’il contient. Thierry Casasnovas nous parle d’alimentation mais pas seulement. Il nous transmet sa connaissance du corps humain et il nous parle également de lui, de son chemin de vie et des galères qu’il a traversé. Son débit de parole peut peut être énerver certains. Pourtant en faisant abstraction de ça, il faut bien reconnaitre qu’il s’exprime très, très, très bien. Il est réellement porté par une vitalité, canalisée avec justesse, pour exprimer ses idées et son expérience avec naturel et générosité. Et puis ce que j’apprécie en l’écoutant c’est que son discourt ne se cantonne pas à la santé mais englobe aussi les plaisirs du corps (les sens, la sexualité), l’amour, l’ouverture aux autres et la spiritualité. J’ai passé une bonne partie de mon weekend à papillonner sur ses vidéos. Et je me suis abonné à sa page Facebook pour continuer à le suivre. |
dimanche 29 juin 2014
Cru !
dimanche 15 juin 2014
Un jouet
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Pas passé beaucoup de temps devant un écran d'ordinateur ce weekend... Je voulais quand même raconter ce qu'il s'est passé cette semaine. Mercredi soir Ülee et moi avons fait l'amour. C'était sauvage et c'était bien. Ülee s'est occupé de moi et j'ai apprécié. Ca me stimule d'autant plus! Qu'est ce qui me stimule? Je ne faisais rien à part me forcer à ne rien faire. J'étais assis dans un fauteuil et comme si mes mains étaient attachées, je les gardais jointes derrière ma tête. Parfois j'étirais mon corps pour m'offrir davantage aux caprices d'Ülee. Elle alternait douceur et violence. Du bout des doigts, comme pour griffer, elle titillait des zones très sensibles, des zones de chatouille. Ca m'électrisait mais je me soumettais. Au niveau de ma verge, elle passait de la voluptiosité à la violence et j'écartais davantage les cuisses. Ces mains descendait aussi vers mon anus et elle me massait la région pelvienne. Par réflexe mon corps avait tendance à vouloir se recroqueviller mais dans ma tête j'étais son esclave et je me forçais, malgré tout dans un certain délice, à m'étirer davantage. Après avoir supporté l'agacement d'une zone, la caresse appuyée d'une autre, sa langue envahissait ma bouche et c'était comme un ravissement de la boire avec douceur. Une respiration puis elle repartait en me branlant de façon énergique. J'ai aimé être un jouet manipulé au gré de ses caprices. |
lundi 9 juin 2014
T’es heureux quand t’as tiré ton coup ?
| Pour illustrer cette sorte de frigidité… Samedi soir Ülee et moi on s’est rapproché. Sexuellement parlant je veux dire parce qu’on échange quand même de la tendresse au quotidien. C’est cependant moi qui ait fait le premier pas. C’est quasiment toujours moi. Ce samedi soir, l’ambiance s’y prêtait. C’était durant l’apéro. Je préparais en parallèle la pizza pour le repas. Notre fils n’était toujours pas revenu d’une sortie avec ses copains. Ils étaient partis se baigner dans une rivière coulant au niveau de la propriété d’un de ces copains de classe. Ainsi Ülee et moi on prenait l’apéro dans la cuisine. Une vodka orange pour elle et un whisky Bushmills pour moi. Il faisait beau samedi et la température dans la maison était douce. Cela change des trois quart du temps où on est obligé de porter des polaires pour se sentir bien. Ülee portait une tenue plus légère. Ce qui invitait plus à des caresses. J’ai embrassé ses seins et assez vite je suis descendu entre ces cuisses pour la faire jouir avec ma langue et mes doigts. Puis on a entendu notre fils arriver et on a donc rapidement mis fin à cette étreinte. Plus tard dans le lit au moment de se coucher, j’ai de nouveau souhaité la faire jouir avec ma langue. J’ai pris plaisir à lui donner son plaisir mais je n’ai pas cherché à prendre le mien. De toute façon elle n’a pas touché mon sexe. Après qu’elle ait joui, je n’ai aucunement été frustré de n’avoir pas eu de caresse. J’étais quand même en érection mais après mon devoir accompli je n’avais qu’une envie c’était de dormir. Hier soir, il s’est passé exactement la même chose. Et toujours aucun manque de mon coté. De toute façon, Ülee me touche à peine. Ok je ne suis pas frigide parce que j’arrive à me donner du plaisir par la masturbation. Mais par contre pourquoi je n’ai pas forcément cette envie d’explorer mon plaisir physique avec quelqu’un ? Il y a surement plusieurs causes… Puis il faut du temps pour faire monter le plaisir. Je ne dis pas qu’il me faut des heures avant de jouir. Je peux arriver à jouir en seulement 2 minutes mais le plaisir est alors en quelque sorte, décevant. Je vis bien le quickie quand je suis seul mais ça me gène quand je suis accompagné. J’ai alors l’impression d’être nul. Je prends beaucoup plus de plaisir quand je me retiens… je me retiens… et que je m’autorise à jouir quand j’ai accumulé une sorte d’énergie en moi. Mais ça, ça demande du temps. Au début d’Internet quand on avait des modems 56k voir 28k, j’allais sur des sites pornographiques pour regarder des photos et non des vidéos car le débit du réseau ne le permettait pas. Les photos m’étaient parfois plusieurs longues secondes avant de s’afficher totalement. Elles commençaient à apparaitre par trame par le haut et ça descendait progressivement jusqu’en bas. Je me masturbais au rythme de leur apparition. En gros ça donnait ça : « hum elle a un joli visage et un regard coquin» --> masturbation frénétique Pause en attendant le reste de la photo apparaitre « Oui ses tétons pointent » --> masturbation frénétique Masturbation plus lente en attendant le reste de la photo apparaitre « Et quelle belle cambrure » --> masturbation frénétique Masturbation plus lente en respirant à plein poumon, en regardant plus largement la photo « Ah j’aime bien sa lingerie » --> masturbation frénétique en voulant voir son sexe Pause en cliquant sur une autre vignette afin de voir une autre photo d’elle… Cette façon de se masturber fait monter le plaisir graduellement et permet de mieux le contrôler en sentant le moment où la jouissance est proche. Dans ce cas il suffit d’attendre un peu pour calmer l’excitation et pour reprendre quelques secondes plus tard à un autre rythme et d’atteindre de nouveau le palier de la jouissance sans le dépasser. Quand j’étais célibataire je passais souvent mes soirées à me masturber devant l’écran. Ca durait parfois plus d’une heure à jouer comme ça, en zappant de photo en photo. Et quand je m’autorisais enfin à jouir, la décharge était plus forte, plus intense, plus satisfaisante. Aujourd’hui dans ma vie, je trouve que c’est difficile de trouver un moment suffisamment long, sans être dérangé pour prendre le temps de faire l’amour. Enfin je ne sais pas trop… Je me pose surement trop de questions. Pour parler encore du plaisir sexuel masculin, voici un extrait du film « Le roi de l’évasion » (2009) d’Alain Guiraudie. J’avais bien aimé son dernier film « L’inconnu du lac » dont j’ai déjà parlé (ici). Dans « le roi de l’évasion » j’ai également passé un bon moment. Ok ce n’est peut être pas un grand film avec un très bon scénario mais l’ambiance diffusée y est agréable : le sud, dans la campagne aux alentours de Toulouse, avec les gens du coins et leur accent. Et également, ce qui fait du bien, c’est la grande liberté du réalisateur Alain Guiraudie, qui montre la sexualité, la sensualité des corps, de tous les corps. |
samedi 7 juin 2014
Frigidité
| MOI – Lundi 26/05 à 9h37 Salut Phil, Je ne sais pas si tu veux me voir cette semaine mais en tout cas jeudi et vendredi je ne travaille pas. Il n'y a pas d'obligation entre nous tu le sais bien donc tu fais comme tu veux. Passe une bonne semaine, Rêveur LUI – Mardi 27/05 à 11h14 Bonjour Rêveur, Ce serait avec plaisir. Je suis en vacances cette semaine et je ne sais pas encore si on part. Je te redirais comment on peut se voir. Il est vrai que se voir à la sauvette n'est pas idéal. Il faudra vraiment s'organiser mieux! En attendant ,bosse bien. Phil PS: Pour entretenir "la flamme", parle moi un peu de tes fantasmes et de ce qui te fait bander, voire plus. Les miens sont divers et vont de la soumission à la domination mais toujours dans la douceur par exemple. Sinon, fais moi des commentaires ou fais un copier coller d'une page de ton blog...A + MOI – Mardi 27/05 à 20h11 Salut Phil, Oui je suis d'accord avec toi: idéalement il nous faut du temps et du calme pour avancer. Je n'ai pas envie de te dire ce qui me fait bander. Ca se raconte pas vraiment ce genre de chose. Et puis pour ce qui est de me fait bander, rien ne dit que cette "recette" marchera avec toi. Non pour moi il faut laisser les choses se faire et voir si l'alchimie opère ou pas. Cela dit tester la soumission/domination avec toi ne me laisse pas indifférent. Je ne sais pas si on peut communiquer sur ces fréquences mais ça se tente. A voir dans quel(s) rôle(s) on a envie d'évoluer en fonction de l'instant. Te vider les couilles en faisant rougir tes fesses? Te sucer en me traitant de petite salope? ... Tu remarqueras des scénarios qui me viennent en premier, mon plaisir est cérébrale et non physique... Pour l'instant mon plaisir, est dans la réalisation du tien. Sinon pas envie pour le moment de t'envoyer des copier/coller de mon blog. Mon blog ne va pas forcément d'exciter. Je raconte essentiellement ma petite vie et mes réflexions. Et là le copier/coller serait hors sujet... Bise dans ton cou, Rêveur LUI – Mercredi 28/05 à 00h35 Salut Rêveur, Tu as tapé dans le mille pour les scénarios! Trêve de plaisanterie, je vois que tu n'aimes pas trop ou n'ose pas trop parler de toi. Je le respecte et le comprends. Je te remercie de penser à mon plaisir mais de mon côté je pense au tien et comme je te l'ai dit, ce que je souhaite est un échange, des sensations et savoir que l'autre a du plaisir. Bon sang c'est compliqué! Il est tard et on reprendra notre conversation demain. Sinon on pourrait essayer de se voir vendredi. .. Biz Phil MOI – Mercredi 28/05 à 8h01 Phil J'aime bien parler de moi. Je n'ai aucun soucis pour me dévoiler. C'est juste que pour le moment je ne sais pas où est mon plaisir. ++ Rêveur Depuis ce dernier mail, je n’ai plus de nouvelle de Phil. On ne s’est pas vu la semaine dernière et cette semaine non plus. Je considère que cette relation est finie. Je ne cherche pas à relancer Phil, à comprendre pourquoi il ne me recontacte pas. J’imagine que mon manque de « plaisir » y est pour quelque chose. C’est vrai j’ai fait les choses avec lui sans réelle envie. J’étais guidé par la curiosité c’est tout. Ce que je faisais ne me déplaisait pas, je les ai faites de façon naturelle. Mon envie était de faire plaisir mais je n’avais pas vraiment envie de lui. Est ce qu’une envie sexuelle avec lui serait venue avec le temps ? Peut être pas… Si j’avais apprécié davantage sa personne ça aurait éventuellement été possible. Ce n’est pas une personne désagréable mais on ne vibrait pas ensemble sur quelque chose. Il manquait sans doute un feeling, une résonnance entre nous. Sans cette résonnance, cette vibration, ça restait plat. Peut être que certain on la possibilité de vibrer facilement avec n’importe qui. Dans ce cas est ce que j’ai une sensibilité beaucoup plus restrictive, beaucoup plus compliqué ? Voire une frigidité ? Aurait-ce été différent avec une femme ? Bien sur que le corps d'une femme m’aurait attiré mais je ne suis pas convaincu que cette « frigidité » ne se serait pas manifestée assez vite… ... J’ai écris les lignes ci-dessus le mardi soir de cette semaine. Mercredi matin j’avais un mail de Phil… LUI – Mercredi 3 juin à 23h23 Alors Rêveur, Tu ne donne plus de news? Tu veux plus me voir? Pierre MOI – Jeudi 4 juin à 11h35 Salut Pierre? Phil? Je pensais qu'on allait se voir vendredi et j'attendais que tu me dises si ça allait se faire ou pas. Et puis pas de réponse de ta part. Alors je me disais que mon dernier mail ne t'avait pas plu. C'est vrai c'est surement chiant pour toi de savoir que je ne trouve pas mon plaisir sexuel... Dans ma tête je me disais que l'envie d'avoir du plaisir sexuel avec toi, pouvait venir plus tard... Mais à bien y réfléchir c'est vraiment le calme plat dans ma tête. Je n'ai pas de vrai excitation. Bien sûr : cela ne vient pas de toi! Sans doute que je ne réagis pas avec les hommes. Le seul plaisir que je prend c'est celui d'en donner. Ainsi donc n'ayant pas de nouvelle de toi et comprenant que je n'avais pas d'envie j'ai commencé à me dire que c'était fini. Fini aussi parce que j'ai comme des doutes sur toi qui s'installent. Tu mens à ta femme, à ta fille également quand on était dans la voiture et qu'elle t'avait appelé au téléphone, tu me mens à priori aussi sur ton prénom puisque tu te trompes souvent... Et tes mails sont relativement courts. Tu me demandes de parler de moi mais je n'ai pas l'impression d'avoir un retour de toi par exemple. Alors ca ne m'invite pas à me livrer davantage. Finalement j'ai l'impression qu'on n'arrive pas vraiment à échanger l'un l'autre. Tout ça fait qu'il vaut mieux en rester là. Je te souhaite quand même de belles choses et que tu trouves ton équilibre. Prends soin de toi, Rêveur LUI – Jeudi 4 juin à 13h20 Salut Rêveur, Effectivement on ne va pas continuer ainsi. Tu as du mal à exprimer ou ressentir ou connaitre tes désirs et je te souhaite aussi de trouver ton bonheur dans tout cela. En revanche, évite de juger les autres. C'est quelque chose qu'il faut se garder de faire car nul n'a le droit de juger. Et comme yu le sais, les apparences sont souvent ttompeuses. Je te souhaite aussi très sincèrement le meilleur. Phil |
dimanche 1 juin 2014
Être en harmonie
| "La maladie, la souffrance, la mort sont les conséquences de nos actes. Il n'y a personne à accuser, il est inutile de se plaindre et d'épiloguer sur ce monde, la matière, l'homme qui serait mauvais. Non! Il a été dit qu'il n'y a pas de mal, pas de péché; le mal, le péché, c'est "l'Accusateur", qui est en nous! ... Le Sauveur est à l'intérieur de ["nous"]-même, nulle part ailleurs. La source des informations qui ["nous"] permettront de comprendre ce qui ["nous"] arrive est à l'intérieur de ["nous"], personne d'autre ne peut ["nous"] dicter un comportement, une attitude, qu'il ["nous"] faudrait suivre "aveuglément". ... "Vous faites ce qui vous éloigne..." Une information importante nous est ici communiqué, et une interrogation transformatrice... Ce que nous faisons - travail, relations, mode de vie - nous rapproche-t-il de l'Être, ou au contraire nous en éloigne-t-il? Ce que nous faisons éveille-t-il en nous le Bien, un comportement où le vrai, le bon, le beau son "Un", ou au contraire vivons-nous de plus en plus dans le mensonge, l'amertume, la méchanceté, la violence, la jalousie, le dégoût, la laideur, le malpropre? ... Ce n'est pas nous qui faisons le chemin, c'est nous qui donnons l'orientation à ce chemin. Il est là notre pouvoir, celui de nous diriger, au coeur même du mal, de la maladie, et de la souffrance, vers le Bien... Le monde n'a peut être pas de sens, il nous est donné de lui en trouver un. Cela demande sans doute du courage. Cela demande surtout beaucoup d'imagination. ... A coté de l'ignorance qui serait maladie du coeur et de l'intelligence, il y a l'attachement, qui est maladie du désir, son arrêt ou son engourdissement, une fixation pathologique sur un objet dans la possession duquel le désir pense trouver son assouvissement ou son repos. L'Enseigneur parle ici d'attachement à la matière. Si par matière, on entend bien tout ce qui est composé et qui sera un jour décomposé, il ne s'agit pas alors seulement de nos mottes de terre, de nos propriétés à la campagne, de nos coffres à bijoux ou de nos comptes en banque, cela peut être aussi une personne, ou des personnes, une société ou une patrie, dès que nous en faisons un "objet" qui nous appartient. C'est en ce sens, par exemple, que Yeshoua, dans d'autres Evangiles, nous demande de ne pas regarder une femme avec convoitise, car ce n'est plus regarder une femme, mais un objet de plaisir ou de jouissance possible, en passant à côté du sujet qu'elle est, et de la relation - infiniment plus riche que celle d'une possession - qui pourrait s'établir avec elle. ... Il n'est jamais dit que la matière, les personnes et les objets sont nuisibles ou mauvais en soi. C'est notre attachement, notre passion (il s'agit bien, en grec, du mot pathé, qui va donner en français "pathos","pathologie"), qui est contre nature. Pour l'Enseigneur, il ne semble pas naturel de s'attacher ainsi à ce que, par notre connaissance, nous savons être passager et transitoire; il est naturel d'aimer les êtres et les choses pour ce qu'ils sont: "un peu de rosée au bord d'un seau", disait le prophète Isaïe, ce peu de rosée suffit à réfléter le soleil levant et à nous en réjouir, mais s'y attacher, vouloir faire durer ce qui par nature n'est pas fait pour durer relève, sinon de la démence, du moins de la plus élémentaire stupidité... ... L'Enseigneur ne prêche aucune croyance. Il rappelle des évidences, dures et belles à entendre; l'attachement, la passion sont contre nature et ajoutent le trouble de l'âme aux troubles du corps. ... Regarder une chose, un paysage, une personne, avec amour, sans attachement, sans volonté d'appropriation, c'est mieux les voir, c'est voir clair, c'est regarder clairement ce qui est, sans "vouloir l'avoir", et dans ce "laisser être ce qui est", l'apparition du Don peut se révéler à nous. Tout nous est donné, rien ne nous est dû. Nous ne sommes pas fait pour posséder, nous somme fait pour "être avec", ce qui n'est pas sans impliquer le sens de notre responsabilité à l'égard de toutes choses, sens de la responsabilité qui se développe généralement en deçà de notre sens de la propriété. Penser posséder un objet, une personne, notre propre corps, notre propre pensée et notre propre vie est, nous le savons,une illusion, et cette illusion est cause de trouble, d'insécurité fondamentale, qui mine nos plus grandes richesses, nos plus tendres amours, nos plus hautes pensées et nos plus religieuses vénérations... L'attachement, c'est ce qui nous empêche d'être en harmonie avec tout ce qui est, il établit un rapport de puissance et de dépendance qui est le contraire d'une véritable relation. Être en harmonie, c'est être en relation consciente et aimante avec ce qui est, sans vouloir ni désir particulier, qui introduirait une fixation sur une partie de cette totalité fluide qui nous entoure. L'harmonie suppose un rapport "musical" au monde, une mise en résonance, un accord. ... C'est aussi se poser la question: Comment s'harmoniser avec ce qui nous veut du mal, tente de nous détruire ou de nous rendre malade? Il ne s’agit pas évidemment de céder à l'ennemi, de se laisser faire. Il s'agit bien de l'affronter, dans toute sa violence, mais de ne pas en rajouter ni provoquer de nouveau cette violence. La prendre en soi pour la laisser passer, n'est ce pas là un art martial, qui parle de "s'harmoniser avec l'adversaire", d'éveiller en lui une conscience qui lui permettra de sortir du trouble dans lequel il se trouve sans que nous en soyons contaminés? ... Avant de vouloir s'harmoniser au monde et aux autres, sans doute faut-il être d'abord en harmonie avec soi-même."
Extrait de "L'évangile de Marie - Myriam de Magdala" de Jean-Yves LELOUP
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