jeudi 8 septembre 2011

L'homme crapaud

Ülee se passionne pour la photo (en passant, aucune photo de mon blog n'a été prise par elle jusqu'à présent) et elle achète régulièrement des magazines spécialisés, y compris des magazines de photos-nature.

Dans une de ses vieilles revues, il y avait un article traitant de la reproduction des crapauds. Je ne peux m'empêcher d'en relever quelques extraits:

... Vers la fin de l'hiver, les crapauds abandonnent temporairement leur mode de vie terrestre, solitaire et nocturne, pour un bain collectif et des amours au grand jour...

... De nombreux mâles célibataires parcourent continuellement le secteur à la nage, en quête d'une femelle. Mais toutes sont déjà sous l'emprise d'un mâle, souvent même de plusieurs...

... A la différence des femelles qui quittent l'étang lorsqu'elles ont fini de pondre, les mâles restent sur place pendant toute la période de reproduction. Ils peuvent ainsi s'accoupler plusieurs fois, mais sont constamment en surnombre. Et il est donc fréquent que plusieurs se disputent la même femelle. C'est même un véritable amas de crapauds que je découvre en avançant dans l'eau: un enchevêtrement d'une dizaine de mâles au milieu duquel on aperçoit de temps à autre l’œil de la femelle assaillie...

(image du net)

... Souvent maintenue sous l'eau, privée de respiration, une femelle ainsi prise d'assaut risque la noyade...
(Source: Nat'Images - Mars-Avril 2010)

Les mecs c'est un peu comme les crapauds finalement.
 
Je revois mes premières sorties en boite de nuit quand j'étais beaucoup plus jeune et où la séance des slows faisait se lever toute une catégorie de mecs pour tourner autour de la piste de danse à la recherche d'une nana acceptant de se coller à eux. Je les trouvais la plupart du temps grotesque. Je préférais me morfondre dans mon célibat plutôt que de me ridiculiser.

Mais aujourd'hui je ne suis pas forcément mieux à rechercher des conquêtes sur la toile. 
 
Je suis peut être sévère avec moi-même en disant ça mais à force d'être confronté à ce déséquilibre du nombre de gars en quête de plaisirs sexuels comparé au nombre de femmes, je me sens malgré moi, comme une sorte d'homme crapaud.
 

2 commentaires:

  1. Il est vrai que je suis plus attirée par la nature dans ma démarche photographique que par le portrait ou l'être humain. Mais si tu deviens un homme crapaud, tu devrai m'intéresser photographiquement parlant.

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  2. Dans la grande panoplie des parades amoureuses il y a plus subtil et plus délicat que les crapauds. Chez certaines espèces par anthropomorphisme il est possible d'y voir une certaine tendresse. Dans le monde animal la règle reste la perpétuation de l'espèce par la transmission des gènes par le meilleur des mâles. Même s'il demeure des traces de cette animalité en nous l'irruption du plaisir a changé la donne... Les animaux n'aiment pas, ils copulent. Ton expression d'"homme crapaud" évoque bien cet équilibre entre l'animalité et l'humanité qui nous habitent.

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