Je me souviens des débuts de ma vie professionnelle sur Paris…
Embauché dans une multinationale, il m’était possible de changer assez facilement de mission. Durant ces 5 années là bas j’ai pu travailler sur 4 projets différents. Des grands comptes.
Mon salaire n’était pas excessif mais correct. Enfin ce n’était rien comparé aux salaires de mes amis de l’époque travaillant dans le même secteur mais pour des petites sociétés. Leurs salaires étaient multipliés par trois. Ah ces années un peu avant 2000 ! Les années flambes pour ces boss de petites structures, jouant la séduction auprès de leur collaborateurs, leur offrant même des weekends ski tous frais payés…
Je n’en ai jamais été jaloux. Je ne suis pas avide de fric. Et puis avec ce que je touchais je n’étais certainement pas à plaindre. Moi aussi j’ai eu droit à certains cadeaux. Une bonne augmentation sans rien demander, un cadeau surprise d’un mois de salaire pour une fin de mission chez un client satisfait… En comparaison, des cadeaux plus modestes mais pour moi qui suis de nature frileuse, le fait de savoir que d’autres, à compétences égales, touchaient beaucoup plus, me rassurait. Pourquoi avoir peur de l’avenir quand on sait que mieux est possible ?
Mais la vie parisienne ne me convenait pas. La naissance de mon fils et cette envie de lui transmettre mes repères qui selon moi n’existaient pas là bas…
Alors je suis revenu en province, dans ma région natale, la région de mes ancêtres qui en passant, d’après mes recherches généalogiques n’ont pas bougés depuis des générations, depuis au moins la fin 18e.
Non je n’ai pas changé de boite. J’ai juste demandé ma mutation bien sûr. Ma prudence légendaire. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai donc connu qu’un seul et même employeur. Pas intéressé par l’argent, je le répète. Cette mutation m’a même valu une perte de 20% de mon salaire comparé à ce que je touchais sur Paris. Il faut bien être en phase avec là où on vit : le salaire horaire brut moyen breton reste l'un des plus bas de France. Et encore, avec ce nouveau salaire, j’étais toujours au dessus de celui de ma chef du projet sur lequel j’ai atterri.
Certes aujourd’hui l’endroit où je vis est agréable. Je ne vis plus dans un appartement mais une maison. Loin de l’agitation je peux quand bon me semble me nourrir de calme contemplatif et ma vie de famille y trouve son équilibre.
Coté professionnel par contre les ruminations ont été nombreuses durant ces 9 ans déjà en Bretagne :
- Des revenus qui n’ont quasiment pas bougés et qui restent de toute façon dans la fourchette haute comparés aux personnes avec qui je travaille. Donc je n’attends rien de ce coté là.
- Prendre de face la mise en place de l’offshore avec des équipes indiennes, se soumettre à la philosophie de l’industrialisation et le ressentir comme une régression des méthodes de travail.
- Peu d’opportunités de changement aussi. Puisque je travaille toujours sur la mission avec laquelle j’ai commencé. Enfin il y a du mieux quand même cette année car je travaille aussi pour un autre client.
- Et mon désintérêt du monde professionnel, mon indifférence à l’univers de la gestion et de la finance qui me gangrène.
Je ne suis pourtant toujours pas à plaindre mais il est vrai que parfois je me sens comme dans un trou sans savoir comment faire évoluer les choses.

C'est un exercice d'équilibriste qu'il faut assumer entre le besoin de promotion, de réussite, de reconnaissance et le désir de donner du sens à sa vie. Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ? Il y a comme tu le dis d'autres richesses: la vie intérieure, la famille.
RépondreSupprimer@mitié
Oui tu as raison Maxime.
RépondreSupprimerMerci pour ton mot.