Selon Philippe BRENOT, psychiatre et anthropologue, qui vient de publier un livre sur la sexualité des hommes en France ("Les Hommes, le sexe et l'amour" – aux éditions Les Arène), environ 70% des hommes vont dire de leur sexualité qu’elle est insatisfaisante et qu’ils désireraient plus et ceci indépendamment de la fréquence. Par exemple, lorsqu’un homme, a un rapport par mois, il dit « ma fréquence idéale serait de 4 » mais celui qui a 22 rapports par mois, dit « moi j’aimerais 36 ». Les hommes sont habités par un désir, un besoin, une pulsion sexuelle, une sorte de pression intérieure qui est assez différent de ce que vivent les femmes.
Je suis assez d'accord. Cette insatisfaction "chronique" masculine je l'a côtoies quasi quotidiennement avec mes collègues de travail ou amis. Le sexe est le plus souvent notre sujet de discussion préféré, et à force de se parler, on fini par en savoir un peu plus sur l’intimité de chacun. Assez souvent cette insatisfaction se devine ou même parfois elle est affichée au grand jour.
Esquissons une caricature: à l'homme la dimension charnelle et à la femme la dimension des sentiments. A la base il y a ces deux désirs, avec toute la palette des nuances. La satisfaction de l'un et de l'autre ne sera sans doute jamais totalement comblée mais c'est dans un cheminement d'un pôle à l'autre que la sexualité serait épanouissante.
RépondreSupprimerJe ne pense pas que la compulsion conduise à la satisfaction.
Bonjour Rêveur
RépondreSupprimerJe reviens vers toi après une belle semaine de vacances.Je viens de lire tes deux posts sur "Énergie et Insatisfaction masculine" qui- tu t'en doutes- m'interpellent tout du moins indirectement.
Tes deux billets renvoient à la question récurrente de la différence entre Homme et Femme et loin de moi l'idée même de trancher!
Pour ne s'attacher qu'à cette différence des attentes et des besoins respectifs concernant la sexualité je crois que cette différence comportementale ( que celle ci soit vécue ou fantasmée)relève à la fois du biologique et de l'acquis. Je m'explique : vraisemblablement,le mâle est biologiquement " programmé" dans l'absolu pour se reproduire et donc pour potentiellement féconder le plus grand nombre de " femelles" : d'où cette pulsion qui sans cesse le pousserait à multiplier les rencontres sexuelles .. d'autant plus que le plaisir physique fait partie intégrante de l'acte (la Nature a bien fait les choses!). L'autre aspect relève de l'éducation et de la place du masculin dans nos sociétés : un homme est éduqué comme un guerrier et un vainqueur dans l'âme: il doit conquérir et affirmer son autorité : autant de signes distinctifs de cette sorte de suprématie fabriquée dès l'enfance et encore stigmatisée en termes de pouvoir dans la société.
Les femmes sont aussi gouvernées biologiquement par leurs hormones : le choix instinctif du meilleur géniteur d'une part et d'un partenaire apte à assurer pour elle même et leur descendance l'aspect matériel d'autre part intervient aussi dans leur comportement biologique et social. Toutefois, depuis la fameuse période post soixante huitarde de la libération de la femme:qui a vu l’avènement de la pilule et une ouverture plus grande aux études supérieures et au monde du travail, les femmes , devenues plus autonomes et plus instruites en viennent à revendiquer( mais aussi à adopter) cette liberté sexuelle qui ne semblait jusque-là qu'être un privilège masculin.
C'est dire que le sujet est loin d'être figé dans un contexte sociétal en constante évolution même si les derniers événements de la scène politique semblent actuellement susciter un mouvement visant à dénoncer ces " droits de cuissage" que l’ascendant, l'autorité et le pouvoir masculins perpétuent depuis la nuit des temps...
Je ne sais ce que les femmes auront à gagner et à perdre dans cette émancipation nécessaire certes mais parfois outrancière. A l'évidence, les comportements sexuels respectifs des hommes et des femmes tendent à moins se différencier parmi les jeunes générations : cela est une avancée considérable sous réserve que liberté rime aussi avec responsabilité.
La société de consommation qui génère du consommable et du jetable est plutôt -à mes yeux -une société qui vise à la satisfaction immédiate du désir et qui pousse au désengagement... Comme en toutes choses l'équilibre est une affaire personnelle : elle relève de choix conscients et assumés comme une histoire entre soi et le monde plutôt qu'entre les " normes" environnementales et les modes auxquelles l'individu devrait systématiquement
se conformer.
Quant à l’insatisfaction( tout dépend de son degré bien entendu)elle contribue à la permanence du désir éveillé et vivant. Quel serait le sens de la vie, que deviendrait celui de l'attente et quel serait notre espace de liberté si tout nous était donné d'emblée?
Je t'embrasse très affectueusement.
Elise
PS : j'ai pris connaissance aujourd'hui de ton com sur l'article " Ecran total" et j'y ai répondu.