lundi 25 avril 2011

"Le premier amour" de Véronique Olmi

Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu'elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. En chacun d'entre nous repose peut-être, tapie sous l'apparente quiétude quotidienne, la possibilité d'être un jour requis par son premier amour...



J'ai bien aimé ce livre et je pense que je vais chercher à en lire d'autres de cette auteure. J'aime bien sa façon d'écrire et de décrire. Sa façon a elle d'exprimer ce qu'elle ressent comme par exemple dans ce passage:
"J'ai préféré ne pas imaginer ma fille dans cet appartement minuscule de Marseille avec cet homme qui ne remarquerait pas qu'elle avait du chagrin, qui se lavait les dents bruyamment et recrachait devant elle, parce qu'il confondait la grossièreté avec l'intimité, confondait ma fille avec n'importe quelle autre croisée dans un magasin, une terrasse de café."
 Ci dessous 3 autres extraits qui me parlent...
"Je suis plus jeune aujourd’hui qu’à 20 ans. Mes désirs sont plus légers, mes a priori aussi. Je voulais me marier, avoir des enfants, un métier, des amis, des vacances et des Noël. J’ai eu tout ça. J’y ai mis tant d’énergie, de peur et d’attention, j’ai suivi tant de conseils, lu tant de livres, de magazines, passé tant d’heures au téléphone avec des amies qui avaient des enfants du même âge, des maris trop sérieux ou volages, trop présent ou pressés, et qui me donnaient des adresses de Gîtes de France, de pensions pas chères, de baby-sitters sérieuses, de médecins compétent, de psychologues disponibles, on changeait nos colères et nos fatigues mais jamais pour s’en débarrasser, toujours pour les surmonter, les faire passer pour une défaillance passagère, on avait tort. Rien de tout cela n’était passager, et j’ai perdu tant de temps à prendre sur moi que je suis passée par-dessus bord. Et aujourd’hui mes propres enfants, qui m’ont pris mon sang mon temps mes nuits mon insouciance mon argent mon nom mes nuits mon insouciance mon argent mon nom, ces enfants n’étaient pas d’accord pour que j’aille en Italie ? N’étaient pas d’accord ? C’était à mourir de rire, vraiment ! Au non de quoi me serais-je retenue de partir ? Parce que ça n’était pas raisonnable ? Il fallait que je « ne fasse pas la jeune », que je sois la bonne gardienne de mon âge ? Combien de millions étions-nous à avoir exactement 48 ans ? Coralie Finel… France… Magali… Des classes entières de femmes de 48 ans, d’anciennes amoureuses, de jeunes grands-mères et de vieilles rêveuses. Car nous rêvons. Nous rêvons au baiser qui réveille la princesse qui a tellement dormi que ses cheveux sont devenus longs comme son ennui, et une annonce dans le journal nous met soudain sur pied, le cœur traversé d’un courant électrique, les yeux grands ouverts, et tout ce qui n’est plus de notre âge, peut enfin arriver."






"Est-ce que Marc et moi nous nous aimons ? Il me semble plutôt que nous nous entendons bien, malgré nos chamailleries, et que nous faisons ce que nous avons à faire. Nos amis qui divorcent les uns après les autres au rythme régulier d’une séparation tous les trois mois, nous disent combien nous avons de la chance d’être ainsi tous les deux « sur la même longueur d’onde ».

Ce qu’ils ignorent c’est que cette onde n’est pas mouvante, elle ne danse pas dans l’air et ne vibre effectivement pas assez pour nous jeter par-dessus bord. Nous sommes dans le même hamac. Ca tangue autour de nous, et nous nous tenons."






"Je souriais malgré moi de la façon qu’avait Marc de me signifier que ce que je faisais à Gênes n’avait pas d’importance. Il avait toujours décidé que nous allions bien, il fallait avancer en se prenant pour deux optimistes pressés qui remettent à plus tard les questions dangereuses, avec l’espoir que lentement le temps les efface et que le bonheur de vivre l’emporte sur la douleur. C’était un pari dans lequel je l’avais suivi malgré moi, ne sachant pas si j’avais au fond du ventre une bombe à retardement ou si la joie l’emporterait au bout du compte."



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