| J’ai commencé à lire un nouveau livre d’Arnaud Desjardins. Cela faisait plusieurs semaines que j’essayais d’avancer dans la lecture de deux tomes sur « les grands disciples de bouddha ». Encore une lecture conseillée par ma prof de yoga. Oui mais là ces bouquins ne me parlent pas. Le soir j’ouvre les pages à reculons et sans motivation, la fatigue arrive vite. Alors j’ai décidé d’arrêter, de passer à autre chose après avoir lu seulement un tiers du tome 1. Avec le livre d’Arnaud Desjardin, c’est une vraie différence. Ce qu’il dit fait écho en moi… Dans ce nouveau livre donc, « Adhyatma Yoga », il commence par expliquer le rôle d’un gourou dans la culture hindouiste. Le mot gourou évoque beaucoup de choses négatives dans notre culture occidentale. Ce mot a été galvaudé et associé aux dirigeants de mouvements sectaires alors qu’en orient, un gourou est une personne plus que respectable. C’est un sage, une personne « éveillée» d’un point de vue spirituelle et qui est capable de guider ceux qui sont à la recherche de leur « essence fondamentale ». Dans cette description du rôle du gourou, il y est dit aussi une chose qui me semble très juste au sujet de notre société moderne. Nous sommes tous des déséquilibrés émotionnels et qu’à cause de cela l’enseignement des gourous d’aujourd’hui ne peut plus être celui des gourous d’antan. Pour cheminer vers l’éveil, vers cette connaissance de soi, un adulte doit d’abord être maitre de ses émotions. Si ce n’est pas le cas, le gourou doit d’abord travailler sur ce problème. « Autrefois le gourou était là pour parachever, pousser au-delà des nécessités humaines normales, une éducation déjà donnée. Et aujourd’hui, le gourou a d’abord à remplir une tâche nouvelle qui n’était pas la sienne autrefois, donner aux pseudo-adultes ce qu’ils n’ont pas reçu dans leur enfance et qu’ils auraient dû normalement recevoir. Le gourou doit d’abord faire ce que le père et la mère non pu donner malgré leur désir de donner. » « La véritable éducation [d’un enfant], c’est l’éducation émotionnelle. Un enfant vit dans les émotions ; il est tellement dépendant, donc tellement vulnérable, qu’il ne peut pas en être autrement. L’éducation consiste à en faire un adulte. Et un adulte n’a plus d’émotions. Il peut ressentir avec son cœur les réalités de l’existence, mais non pas être emporté par des émotions qui lui enlèvent sa disponibilité et sa lucidité ; cela n’est pas normal pour un adulte. Autrefois, les adultes emportés par leurs émotions étaient plus rares. … C’était une des formes que prenait la souffrance : être emporté par les émotions, la passion amoureuse incontrôlée, les grandes colères, les jalousies, les haines, les peurs, les désirs incontrôlables. » Et si nous sommes réellement des adultes handicapés par nos émotions, l’histoire se répète fatalement sur nos enfants... « Vos parents n’ont pu être ce qu’ils auraient dû être, c'est-à-dire neutres, sans émotions, vous restez si marqués par votre enfance, l’enfant qui subsiste en vous est encore là si puissant avec toutes ses blessures, que vous ne pouvez pas du tout croire que quelqu’un puisse être vraiment neutre, sans émotions, en face de vous. Vous vivez sur la défensive, dans la méfiance, craignant toujours d’être trahi, abandonné, incompris, mal dirigé, trompé par le gourou, quelle que soit sa bonne volonté ou sa sympathie à votre égard. Si ce n’est pas consciemment, c’est inconsciemment. Vous avez toujours rencontré en face de vous quelqu’un qui était un autre que vous, avec ses problèmes à lui, qui s’opposaient aux vôtres. Quand vous aviez besoin que votre mère soit reposée, elle était fatiguée. Quand vous aviez besoin que votre père soit disponible pour jouer, il était tendu par des problèmes professionnels et vous rabrouait en disant : « Je t’en prie, laisse moi, va jouer dans ta chambre » ; et tout à l’avenant. Vous avez toujours eu en face de vous un autre que vous, un autre ego avec ses peurs, ses désirs, ses attractions, ses répulsions. Vous ne pouvez croire qu’il puisse exister un type de relation absolument différent, dans lequel celui qui vous écoute, vous regarde, vous parle, n’existe plus en tant qu’ego, n’est plus soumis au désir, à la peur, à l’attraction, à la répulsion, n’est plus prisonnier du voile ou de l’écran du mental, autrement dit est un avec vous, N’est pas un autre que vous. » Se débattre comme on peut avec notre immaturité et l'immaturité de ceux qui nous entourent... |
dimanche 9 décembre 2012
Débilité émotionnelle
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Bonjour Rêveur
RépondreSupprimerTon billet a retenu toute mon attention et, à la lecture des extraits du livre d’Arnaud Desjardins j'avoue être assez partagée...
Et je m'explique:
Par rapport à une situation donnée, entre impulsivité réactionnelle et détachement ( sorte de neutralité émotionnelle) il y a, me semble t il, un juste milieu !
La maîtrise des émotions ne me paraît envisageable que dans la solitude et par la méditation ...
A contrario, lorsqu'on est en prise avec la vie et la mouvance qui lui est propre cela devient alors du stoïcisme cad une attitude somme toute rigide propre à nier l'humain qui est en nous.
Bien évidemment nous sommes tous peu ou prou déséquilibrés sur le plan émotionnel car en proie aux ressentis ( lesquels nous renvoient à des états antérieurs de manque, de souffrance, de colère ou de révolte déjà vécus)mais on peut apprendre à les apprivoiser de manière à ce que l'impact émotionnel en soit minoré.
Être humain c'est accepter l'imperfection, reconnaître ses propres manques et rechercher aussi à se réaliser, mais pas égoïstement. L’autonomie à mes yeux, ne s'acquiert que par la dimension empathique qui nous relie aux autres et dans ces "autres" il y a ressemblance et altérité simultanément...
Nonobstant, même si parfois les émotions peuvent nous desservir, je demeure convaincue qu'elles nous enrichissent énormément!
Je ne sais plus qui a fait cette réflexion en laquelle je trouve beaucoup de vérité ( je cite approximativement)
" Quand on est enfant, on idolâtre ses parents
Lorsque l'on est à son tour parent, alors on comprend ses propres parents
Et,lorsqu'on vieillit alors on leur pardonne..."
Voilà ma part de vérité terriblement humaine...
Je t'embrasse très affectueusement et te souhaite de chaleureuses fêtes emplies d'amour!
Elise
Salut Elise,
SupprimerOui je comprends ce que tu veux dire sur le fait de vouloir maitriser ses émotions, de les nier en quelques sortes…
Cependant Arnaud Desjardins, comme le bouddhisme, ne nous disent pas de contrôler nos émotions, ce serait une erreur de le faire, ils nous disent (si j’ai bien compris) :
• De ne pas nous identifier à nos émotions bonnes ou mauvaises car les émotions sont des purs produits de notre ego et de notre inconscience et qu’elles nous détournent de notre lumière en nous, de notre être spirituel.
• De ne pas les nier mais au contraire les accepter, en prendre conscience pour en quelque sorte éclairer l’inconscience qui les génère et ce qui aura pour effet d’amoindrir leur effet à l’avenir.
En somme cela rejoint ce que dit Eckhart Tolle dans son livre « le pouvoir du moment présent » : il est nécessaire de se concentrer le plus possible sur le « ici et maintenant ». Etre attentif de façon quotidienne à notre corps, à notre esprit, à nos émotions. Ne surtout pas les fuir mais avoir ce recul nécessaire pour les observer et par voie de conséquence, à son rythme, sans violence contre soi même, sans libérer et ainsi se rapprocher de cette source d’amour au fond de nous même que certains appellent « Dieu ».
Ok ça fait un peu « discours d’illuminé ». Cependant je crois qu’il y a du vrai dans tout ça et j’aime ce « discours » spirituel parce que justement le corps à toute sa place dans la recherche de sa spiritualité. C’est une porte, une étape dans sa connaissance de soi, dans sa « pleine conscience ». Il faut accepter les choses telles quelles sont mais sans s’identifier (s’accrocher) justement à ces choses. Ne pas s’identifier à notre beauté ou à notre laideur, ne pas s’identifier à ce qui nous rend heureux ou à ce qui nous rend malheureux, ne pas s’identifier à des pensées. Il faut simplement dire oui à la vie et réussir à considérer toutes choses, bonnes ou mauvaises, comme des cadeaux nous guidant dans cette quête du Soi. Accepter le bonheur, le vivre pleinement au présent mais aussi accepter qu’il s’envole du jour au lendemain. Il faut vivre le présent et éviter de s’emprisonner dans le passé ou le futur.
Une bise (ici et maintenant) !