dimanche 27 novembre 2011

"Mange, prie, aime" d'Elizabeth GILBERT


Elizabeth GILBERT est une journaliste américaine et dans ce livre elle raconte au cours d’un congé sabbatique, sa vie de trentenaire de l’époque : ses états d’âme amoureux, sa dépression suite à son divorce et la recherche du sens de sa vie.
Durant 1 an elle va quitter son quotidien pour réfléchir sur elle-même. Elle partira à l’étranger vivre le premier tiers de l’année en Italie, le second en Inde et le dernier à Bali.
Une bouffée d’oxygène, un livre qui fait du bien, qui enthousiasme, qui réconcilie avec le spirituel aussi.
Extrait italien
Il a entrepris de m’expliquer, dans un mélange d’anglais, d’italien et de gestes, que chaque ville possède un mot d’ordre, unique, qui la définit, et auquel s’identifient la plupart de ses habitants. Si on pouvait lire dans les pensées des gens qu’on croise dans les rues, n’importe où dans la ville, on découvrirait que la plupart d’entre eux ont la même chose en tête. Et celle-ci, quelle qu’elle soit, est le mot d’ordre de la ville. Si ce que vous avez en tête ne correspond pas au mot d’ordre de la ville, vous n’y êtes pas vraiment chez vous.
« Quel est le mot d’ordre de Rome ? ai-je demandé.
-SEXE
-N’est-ce pas un stéréotype, à propos de Rome ?
-Non
-Mais il doit bien y avoir quelques personnes à Rome qui pensent à d’autres choses qu’au sexe.
-Non, a insisté Giulio. Tous, toute la journée, ils pensent au SEXE.
-Même au Vatican ?
-C’est différent. Le Vatican ne fait pas partie de Rome. Là-bas, ils ont un autre mot d’ordre : POUVOIR.
-J’aurais pensé que ce serait FOI.
-Non, POUVOIR, a-t-il répété. Fais-moi confiance. Mais à Rome, le mot d’ordre, c’est SEXE. »
Ainsi, à en croire Giulio, ce tout petit mot – « sexe » - pave les rues de Rome que nous foulons, il coule des fontaines, il sature l’air ambiant autant que le bruit de la circulation. Les gens ici ne pensent qu’à ça : ils s’habillent pour lui, ils le traquent, ils réfléchissent à son sujet, ils le bannissent, ils en font un sport, ou un jeu. Voila qui expliquerait un peu pourquoi, malgré toute sa splendeur, Rome ne me donne pas le sentiment d’être native d’ici. Du moins à ce moment donné de ma vie. Parce que pour l’heure, SEXE n’est pas mon mot d’ordre. Il l’a été, à d’autres périodes de ma vie, mais pas aujourd’hui. Par conséquent, quand le mot d’ordre de Rome, virevoltant de par les rues, vient me bousculer, il vacille, sans laisser d’impacts. Je n’adhère pas à ce mot d’ordre, donc je ne vis pas pleinement ici. C’est une théorie loufoque, impossible à étayer, mais je l’aime bien.
Extrait indien
Le propos de la voie yogique est de nous aider à nous dépêtrer des vices d’origine de la condition humaine, que je vais résumer ici à cette définition archi-schématique : notre incapacité douloureuse à faire perdurer le contentement.
[…]
Nous croyons, à tort, que notre petit égo limité constitue à lui tout seul notre nature. Nous avons échoué à reconnaître notre caractère divin plus profond. Nous ne réalisons pas que, quelque part en nous tous, il existe bel et bien un moi suprême qui est notre véritable identité, universelle et divine. Tant que l’on n’aura pas pris conscience de cette vérité, disent les yogis, on sera toujours aux prises avec le désespoir – notion que le philosophe stoïcien Epictète a joliment exprimée dans cette apostrophe exaspérée : « Tu portes Dieu en toi, pauvre loque, et tu l’ignores »
Extrait balinais
Je ne cesse de me remémorer un des enseignements de mon guru à propos du bonheur. Elle dit que les gens universellement, ont tendance à penser que le bonheur est un coup de chance, un état qui leur tombera peut être dessus sans crier gare, comme le beau temps. Mais le bonheur ne marche pas ainsi. Il est la conséquence d’un effort personnel. On se bat, on lutte pour le trouver, on le traque, et même parfois jusqu’au bout du monde. Chacun doit s’activer pour faire advenir les manifestations de sa grâce. Et une fois qu’on atteint cet état de bonheur, on doit le faire perdurer sans jamais céder à la négligence, on doit fournir un formidable effort et nager sans relâche dans ce bonheur, toujours plus haut, pour flotter sur ses crêtes. Sinon ce contentement acquis s’échappera de vous, goutte à goutte. C’est assez facile de prier dans un moment de détresse, mais continuer de prier même quand la crise est passée, c’est comme vouloir sceller votre acquis, comme aider votre esprit à se cramponner aux bienfaits qu’il a conquis.
Tout en pédalant à ma guise à travers l’ile au coucher du soleil, je me remémore ces enseignements et je continue à formuler des prières – qui sont en réalité des vœux -, je montre à Dieu cette harmonie que j’ai trouvée et je lui dis : « Voila, c’est à ça que j’aimerai m’accrocher. S’il te plaît, aide-moi à mémoriser ce sentiment de plénitude, et aide-moi à toujours l’entretenir. »
[…]
La quête de la plénitude, par conséquent, n’est pas simplement une action dictée par notre instinct de conservation et pour notre seul bénéfice. Elle est aussi un cadeau généreux que nous offrons au monde. Eliminer toute notre misère nous écarte du chemin, nous cessons d’être un obstacle, pour nous même et pour tous les autres. C’est seulement alors qu’on est libre de servir et d’apprécier les autres.

Pour terminer, j'ai bien aimé aussi sa "conférence TED" où elle exprime sa vision de la création et du talent.
C'est en anglais mais l'interface permet d'afficher les sous-titres en français.

2 commentaires:

  1. J’ai dévoré les 2/3 du livre, mais je me suis gravement ennuyée en Inde. Je n'y ai pas trouvé ce que je cherchais (la découverte de l'Inde). Après la lecture de la première partie (l'Italie), j'ai eu une envie furieuse de partir.... En Italie !bon je me suis contentée d'une pizza d'El Arte Après la 3e partie, il fallait absolument que je parte à Bali ! Ben ben... j'ai regardé : toute la beauté du monde.... J'ai voyagé à ma manière ! Par contre : je n’ai pas envie d'aller en Inde, ça je crois que tu l'a compris :)

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  2. Content que le livre te plaise. Moi la lecture de ce livre ne me pousse pas forcément plus à avoir envie de voyager. Le bonheur n'est pas forcément là bas mais il est surtout en nous et c'est surtout ça que je retiens de ce livre.

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