samedi 22 janvier 2011

Lettre à F.

Jeudi 1 octobre 2009
Salut F,

Jeudi & Vendredi.

Quel est le sérieux des relations virtuelles? Je ne peux pas répondre pour tout le monde. Je peux essayer d'y répondre pour moi-même. J'ai connu plusieurs relations virtuelles. Des relations qui ont duré plusieurs mois mais qui n'ont jamais traversé l'écran.

J'ai fais mon service militaire dans la marine. J'étais ce qu'on appelle un "planqué" : pendant 1 ans en tant que scientifique du contingent, j'étais assistant de professeur en informatique pour les futurs officiers de la marine. Je portais l'uniforme avec la casquette blanche, le pantalon bleu marine et la cravate noire. Fringué comme un gradé mais sans les grades. Grade ou pas, on nous respectait. Je dis on car on était plusieurs en tant qu'assistant de professeurs. On avait chacun un bureau, sur le miens il y avait un ordinateur. On mangeait au carré des officiers et tu me croiras si tu voudras mais on avait des couverts en argent, on se faisait servir, on nous apportait du vin … Le cadre était plutôt "select" : rideaux de velours, canapés en cuir, billard, salle de télévision, coin de lecture avec les journaux du jour, bar avec comptoir en zinc. Chaque début de mois, on nous donnait même quelques euros uniquement réservé pour payer nos consommations au bar. A de rares occasions, quand l'amiral était là, on buvait même le champagne.

Comme toi, j'aime bien parlé de moi et je m'éloigne du sujet initial…

Durant mon service militaire donc, j'avais mon bureau et un accès à internet et pendant mes heures de temps libre, relativement nombreuses, je flirtais sur le net à travers quelques relations virtuelles. Les 2 relations majeures de cette période, était Joëlle une canadienne, la cinquantaine et Ada, une californienne d'origine asiatique, la trentaine.

Joëlle était réellement en plein désordre amoureux. Elle était mariée avec un homme jaloux et violent. Elle vivait quelques relations extra conjugales. Un de ses voisins notamment. Et puis il y avait aussi moi, de façon virtuelle. Dans ses mails, je comptais pour elle. J'étais son soleil, dans sa vie un peu chaotique il faut bien le reconnaitre. Elle avait une grande tendance à la dépression et avait déjà pratiqué des tentatives de suicide. Je faisais abstraction de son coté noir. On se racontait par mail et on "jouait" aussi certains soirs (jours pour elle) avec des conversations "en direct" par "Chat". En clair, on tapait parfois avec une seule main sur le clavier. Un peu risqué pour moi de faire ça dans les bâtiments de l'école militaire…
Cependant, à force de correspondre avec elle, je me rendais compte que son caractère n'était pas ce que je recherchais. Quand il y avait quelques désaccord entre nous, elle tentait de faire pression sur moi en me faisant croire qu'elle pouvait mettre fin à ses jours. J'ai fini par arrêter cette relation après avoir mis les choses au clair. Du jour au lendemain on a arrêté de correspondre.

Avec Ada, c'était beaucoup plus soft, beaucoup plus tendre, beaucoup plus sentimentale. De longues lettres, quelques évocations intimes mais avec retenu. Elle travaillait à San-Francisco dans une société de télécommunication. Elle voulait reprendre ses études (ce qu'elle fit 1 an après: des études de commerce international à Bologne en Italie). J'avais une grande tendresse pour elle. Le soir dans mon petit lit militaire d'une chambré de 3, je pensais à elle, je m'imaginais être contre elle à s'échanger des câlins. Je pensais à elle très souvent à tout moment de la journée d'ailleurs. Elle m'avait envoyé par la poste une casette audio avec sa voix. Elle parlait bien français. On a continué à s'écrire après mon service militaire, quand j'ai commencé à travailler sur Paris. On s'apprêtait à se voir physiquement. Et puis elle est venue sur Paris. On devait se donner rendez-vous. Elle m'a laissé un message sur mon répondeur. Un message un peu long et vers la fin de ce message quand elle devait me donner ses coordonnées pour qu'on se retrouve le message a coupé étrangement. Quand plus tard on s'est reparlé par mail, elle m'a dit que c'était surement mon répondeur qui était plein. Selon moi, il restait de la place. A partir de ce moment là on a pris de la distance et on a arrêté cette relation.

Je te parle de ça pour te dire que ces relations virtuelles je les ai vécu pleinement sur le moment présent et puis quand du jour au lendemain, elles se sont arrêtées je n'en ai absolument pas souffert. C'est à peine si elles ont affectées ma vie "réelle". Suis-je un "sans-cœur" ? Peut être un peu…
Je crois aussi que quand j'écris à quelqu'un j'écris avant tout pour moi. C'est une sorte de rendez-vous avec moi-même. Un moment de réflexion, un moment de séduction il est vrai parfois mais qui ne ressemble pas à celui que l'on peut vivre en face à face. Alors avec cette petite connaissance de moi-même dans ce genre de relation, je reste prudent et j'essaye de ne pas succomber à des désirs reposant que sur mon imagination.

Alors voila j'ai commencé aussi une relation virtuelle avec toi. Il est vrai que tes photos m'ont séduit. C'est moi qui suis venu vers toi en premier en te laissant un commentaire sur ton album. Personne ne m'a obligé à le faire. Je l'ai fait parce que j'ai ressenti une envie de le faire. Plein de détails m'on titillé : ton image, ton visage, tes cheveux, ton âge, ton style, ton coté bourgeois, le coté artiste aussi. J'ai enregistré tes photos sur mon ordinateur. J'aime beaucoup la photo ou tu es assise avec des couleurs "sépia". J'aime aussi la photo ou tu es dans ta cuisine en toute simplicité. Tu y es naturelle et rassurante. Ton coté "maternel" s'y affiche en toute simplicité.

Tes photos génèrent en moi des envies… Même si toi tu ne te trouves pas désirable, tu l'es quand même. Tu es jolie F. Je ne connais pas ton corps et j'essaye parfois de le deviner. Mais je ne veux pas y attacher de l'importance. Tant que tu seras toujours de ton coté de l'écran je ne veux pas imaginer ce que pourrait être notre rencontre. Et puis, bien que je veuille parler de tout avec toi, je ne suis pas prêt à avoir une relation intime avec toi ou avec quelqu'un d'autre d'ailleurs. Le serais-je un jour? Il y a toujours cette morale qui est ancrée dans nos têtes… Pour l'instant tu es comme une sorte de journal intime "vivant" et j'essaye aussi de l'être pour toi, si je suis à la hauteur.

A la sortie de mon cours de yoga, mercredi soir, j'étais détendu, relaxé et dans ma voiture pour rentrer chez moi, j'ai repensé à ta phrase: "Je t'embrasse de tout mon cœur.". Je m'imaginais me laissant envahir par cette tendresse et l'accueillir pleinement. Mais maintenant cette détente est loin de moi, mes barrières sont de nouveau dressées. Ma raison surveille, contrôle… Je ne veux pas me laissé aller. Cette tendresse pour toi est dans mon cœur mais elle est virtuelle et n'a pas beaucoup de valeur. Je préfère, pas l'ignorer mais la contrôler.

Cette prudence est aussi là pour ne pas chambouler ma vie, ne pas faire n'importe quoi. Te voir comme une amie me rassure. Une amie à qui je dis tout.

Je vois déjà qu'on se ressemble pour certaines choses. On aime parler de nous, se raconter. Sans doute même est-ce un besoin. On a tout les deux ce coté naturel, ce coté enfant aussi.

Samedi.

Ce que j'ai écrit plus haut est peut être un peu dur. Je devrais être content que tu ais envie de m'écrire.
J'ai passé une semaine un peu chiante… Le boulot… Pas de motivation et pourtant le travail m'attend.
Alors il faut se forcer. Le travail quoi.

Excuse moi si mes mots de la veille laisse sous entendre que je refuse ta tendresse. Je la veux ta tendresse. Mais je veux une tendresse réfléchie, une tendresse "droit dans les yeux", sans faux semblant et en toute transparence.

Bisou.

J'ai parlé avec Rêveuse hier soir, sur le canapé, devant 2 whiskys coca bien tassés. J'ai parlé de toi. Encore. Je raconte certaine chose que tu me dis mais je ne lui fait pas lire ta lettre. Ta lettre m'est réservée. Elle ne regarde que moi. Je lui ai parlé de ce que je ressentais, en gros ce que j'ai écris plus haut. Elle trouve que je suis un peu dur. Elle a raison. Cependant je ne veux pas te cacher ce que j'ai ressenti même si c'est un peu faussé par mon mal être de ma semaine de travail. Transparence … Je veux que tu saches mes hauts et mes bas.

Bon c'est le début du weekend et je me sens revivre. Le soleil n'est pas au rendez-vous mais ma bonne humeur refait surface.

J'apprécie toujours le ton de tes lettres. J'apprécie surtout ta facilité à me parler de ton intimité.
Il y a cependant un callot dans cette fluidité. Un épisode douloureux que tu laisses entrevoir. A ton rythme… pour m'en parler su tu le souhaites.

Non, je ne suis pas déçu par ta lettre. Tu te dévoiles… Je savoure ta façon de le faire avec intelligence et légèreté.

Ton chez toi à l'air d'être vraiment sympa. Une petite terrasse au dessus de la cuisine … Le sauna aussi est tentant…

Ostéopathie pelvienne… Tout un programme! C'est sûr que ça doit être intimidant. Se laisser aller devant quelqu'un qui n'est pas là pour partager un câlin… J'imagine que pour se laisser pénétrer, ca ne se fait pas en une seule séance.

Allez, j'ai envie de te dire quelques détails croustillants. Ca m'arrive parfois de jouer avec mes "fesses". Toujours en solitaire, je n'ai jamais partagé ce plaisir. Rêveuse est au courant mais visiblement elle ne semble pas tentée pour le moment de partager cela avec moi. La première fois que j'ai joué de ce coté, je devais bien avoir 16/17 ans. J'insérais 4 ou 5 boulets entre mes fesses avec une certaine excitation et aussi appréhension car je me demandais si j'allais réussir à les refaire sortir… Je me rappelle avoir aussi essayé avec des … … … glaçons!!!

Ces petits jeux me demandent beaucoup de temps et d'intimité. Je ne peux le faire que si je suis vraiment seul. La dernière fois que j'ai repris mes "explorations" c'était début août quand Rêveuse était partie une semaine en Belgique chez sa tante avec notre fils. J'avais repris le boulot et quasiment tous les soirs après le travail, je recherchais mon plaisir de ce coté là. Ca pouvait durer des heures : de bonnes sensations mais pas encore d'extase.

Cette semaine, j'ai regardé une nouvelle série à la télé. La série qu'on a regardé c'est "Mistresses". C'est une série qui est passée sur Arte courant Aout/septembre dernier. C'est une sorte de "Desperate Housewife" anglais un peu plus osé: 4 femmes dans la trentaine racontent leurs désordres amoureux. C'est gentillet car ça taquine certaines idées sur les couples "conforment à la norme" mais la morale est toujours sous-jacente. La liberté amoureuse fait toujours désordre. Ca reste un phantasme.

J'espère que tout va bien de ton coté. Que ton amoureux a su bien t'accueillir jeudi soir…

F, je te fais un gros bisou.
Prend soin de toi,
Rêveur


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